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Les derniers chiffres publiés par la Banque de France ce 10 septembre sur l’évolution du financement des sociétés non financières (SNF) révèle un ralentissement notable de la croissance annuelle des financements, qui passe de +2,6 % en juin à +2,2 % en juillet.
Pour les dirigeants d’entreprises, cette étude est un rappel des défis actuels en matière de financement.
Les financements par titres de dette apparaissent comme une opportunité dans un contexte de baisse des coûts, tandis que les crédits bancaires, en particulier ceux destinés à l’investissement, restent indispensables pour soutenir la croissance.
En outre, les disparités sectorielles soulignent l’importance d’une approche sur-mesure du financement, en fonction de la taille de l’entreprise et de son secteur d’activité.
Les financements par titres de dette et crédits bancaires en recul
La dynamique de financement des entreprises a connu une certaine décélération, marquée par une réduction du financement par titres de dette, qui est passé de +3,7 % en juin à +3,0 % en juillet.
De même, les crédits bancaires, qui constituent une part importante du financement des entreprises, ont également ralenti, avec une progression annuelle de +1,8 % contre +2,0 % le mois précédent.
Les crédits de trésorerie, en particulier, continuent de chuter avec une baisse de -4,4 % sur un an. Cette tendance à la réduction des crédits de trésorerie peut être interprétée comme une gestion plus prudente de la trésorerie des entreprises, face à un environnement économique encore incertain.
En revanche, les prêts à l’investissement restent sur une tendance positive avec une hausse de +3,2 % en juillet, ce qui témoigne de la volonté des entreprises de maintenir leurs efforts de développement à long terme.
Pour les dirigeants d’entreprises, ces prêts sont indispensables pour soutenir l’innovation et les projets à forte valeur ajoutée.
Un coût global du financement en baisse
Une des principales conclusions de cette étude est la baisse du coût global des nouveaux financements, qui s’établit à 4,27 % en juillet contre 4,37 % en juin.
Cette diminution s’explique principalement par la baisse du coût des émissions de titres de dette, tandis que les taux des crédits bancaires restent stables à 4,65 %.
Côté dirigeants, cette tendance amène à considérer davantage le financement par titres de dette, en particulier dans un contexte où les conditions de marché s’avèrent légèrement plus favorables pour ce type de financement.
Différences de financement selon la taille des entreprises
L’étude met également en lumière les disparités de financement selon la taille des entreprises. Les PME, par exemple, ont enregistré une croissance plus modeste des crédits, à +1,0 %, tandis que les entreprises de taille intermédiaire (ETI) affichent une croissance de +1,6 %.
Pour les grandes entreprises, la dynamique est encore plus faible, avec une progression de seulement +0,3 %. Cette situation reflète en partie le désendettement d’un grand groupe (non cité par l’étude).
Ces résultats montent l’importance pour les dirigeants d’anticiper et de diversifier leurs sources de financement en fonction de la taille et des besoins spécifiques de leur entreprise.
Secteurs d’activité : des évolutions contrastées
L’étude de la Banque de France souligne également une grande diversité dans l’évolution des financements selon les secteurs.
Certains secteurs connaissent une dynamique de croissance marquée, c’est le cas des services aux entreprises (+9,4 %), du transport et de l’entreposage (+7,2 %), ou encore de l’information et de la communication (+6,4 %).
À l’inverse, des secteurs comme l’industrie (-4,4 %), le commerce (-3,2 %) et l’hébergement-restauration (-1,7 %) continuent de souffrir d’une contraction des financements.
Ces disparités sectorielles rappellent aux dirigeants l’importance d’adapter leur stratégie financière en fonction de leur secteur et de se préparer à des ajustements en matière de financement.
Focus sur les TPE : un recul des crédits de trésorerie
L’encours total des crédits aux très petites entreprises s’établit à 357,5 milliards d’euros au deuxième trimestre 2024, avec une croissance annuelle de +0,8 %.
Toutefois, les crédits de trésorerie ont connu une forte baisse de -22 % sur un an, ce qui soulève la question de la capacité des TPE à gérer leur besoin en fonds de roulement, d’autant plus dans un contexte où les financements deviennent plus sélectifs...

