À partir du 1er février 2025, une réduction significative de 10 % sur les factures d’électricité, selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Après une période marquée par des hausses de prix soutenues par la crise énergétique, cette baisse constitue un soulagement pour les foyers qui ont dû absorber des augmentations de 43 % sur deux ans, malgré les mesures gouvernementales de bouclier tarifaire.
Un soulagement pour les Français
L’impact de cette réduction est concret. Une famille de quatre personnes résidant dans une maison de 100 m², avec une facture d’électricité mensuelle de 300 €, verra cette dernière diminuer de 30 €, leur permettant d’économiser plusieurs centaines d’euros annuellement.
Pour de nombreux foyers, il s’agit d’une première baisse notable depuis le début des turbulences sur les marchés énergétiques, notamment causés par la guerre en Ukraine le 24 février 2022.
Compensation du tarif d’utilisation des réseaux électriques
Cette diminution des tarifs doit également compenser l’augmentation de 4,8 % du tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE). Bien que cette hausse soit attendue, la baisse globale des prix permet de maintenir une réduction nette de 10 % sur la facture totale.
Ainsi, malgré l’augmentation des coûts liés au réseau, la réduction des tarifs à la source assurera des économies substantielles.
Vers une révision des plages horaires d’heures pleines et creuses
Par ailleurs, la CRE étudie la révision du système d’heures pleines et creuses. Ce dispositif, qui permet aux ménages de payer moins cher durant les périodes de faible demande, pourrait évoluer afin de mieux refléter la production et la disponibilité d’électricité sur le réseau.
L’une des pistes envisagées est le déplacement de certaines heures creuses vers des créneaux où l’électricité est plus abondante, notamment en journée avec le développement de l’énergie solaire.
Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE, a déclaré vouloir « encourager une consommation plus intelligente en fonction de la disponibilité de l’électricité », permettant ainsi aux ménages de profiter de tarifs avantageux tout en soulageant la pression sur le réseau aux heures de pointe.
Un impact durable sur la consommation d’électricité
Avec cette combinaison de mesures, la CRE vise à adapter la consommation des ménages à la production réelle d’énergie, tout en leur permettant de réaliser des économies. Ce nouveau cadre tarifaire, associé à une gestion optimisée des plages horaires, pourrait marquer un tournant dans la gestion de l’électricité en France.
Un impact positif pour les entreprises
Outre les ménages, les entreprises françaises bénéficieront elles aussi de cette baisse Pour les petites et moyennes entreprises (PME) et les très petites entreprises (TPE), dont les coûts énergétiques représentent une part significative des dépenses, cette réduction pourrait alléger les charges opérationnelles.
En particulier pour les secteurs à forte consommation d’énergie, tels que l’industrie ou le BTP, l’industrie, ou la boulangerie, l’impact de cette baisse sera d’autant plus marqué. Cela pourrait non seulement améliorer la compétitivité des entreprises en leur permettant de réduire leurs coûts fixes, mais aussi encourager une gestion plus intelligente de leur consommation électrique grâce à la révision des plages horaires d’heures pleines et creuses. Une opportunité qui, à terme, pourrait se traduire par une meilleure maîtrise des dépenses et une plus grande flexibilité face aux fluctuations des marchés énergétiques.
Un effet d’annonce à prendre avec des pincettes…
Bien que la baisse de 10 % des tarifs réglementés de l’électricité soit prévue pour février prochain, elle ne compensera pas entièrement les hausses passées. Antoine Autier, responsable des études à l’UFC Que Choisir, souligne sur FranceInfo :
« Même avec cette réduction, les prix resteront 27 % plus élevés qu’il y a deux ans ». Il rappelle également que le contexte est crucial pour comprendre la situation. « Actuellement, un consommateur moyen chauffé à l’électricité paie environ 2 250 euros par an, soit une augmentation de 40 % par rapport au début de 2023. Il est donc important de ne pas oublier les augmentations significatives que les ménages ont déjà subies », précise-t-il.

