Une récente enquête menée par Xerfi Specific pour le compte de l’Union des Professions et des Entreprises de Proximité (U2P) révèle une forte défiance des chefs d’entreprise de proximité envers les projets du gouvernement, particulièrement en ce qui concerne les mesures économiques et sociales prévues pour les prochains mois.
L’enquête, réalisée en octobre 2024 auprès de 7675 chefs d’entreprise issus des secteurs représentés par l’U2P, montre que 63% des répondants ne font pas confiance au Premier ministre et à son gouvernement pour améliorer la situation du pays. Seul un professionnel sur quatre émet un avis favorable, indiquant une méfiance significative envers les politiques gouvernementales actuelles.
La défiance est particulièrement marquée chez les professionnels libéraux du droit et de la santé. 72% des professionnels libéraux du droit et 64% de ceux de la santé expriment leur méfiance envers le gouvernement.
En revanche, les artisans et commerçants de l’alimentation, les hôteliers-restaurateurs, et les artisans des services se montrent plus mesurés, avec respectivement 56%, 56%, et 58% de méfiance.
Quelles sont les revendications des chefs d’entreprise ?
Les actions prioritaires sollicitées par les chefs d’entreprise de proximité mettent en lumière les inquiétudes face aux mesures prévues dans les projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale pour 2025. Les principaux points de contention incluent :
- Réduction des prélèvements sur les entreprises : Une majorité écrasante de 80% des répondants revendique une réduction des prélèvements sur les entreprises.
- Pérennisation des aides à l’apprentissage : 76% des chefs d’entreprise demandent la pérennisation des aides à l’apprentissage pour les très petites et moyennes entreprises (TPE et PME).
Ces demandes contrastent avec les plans gouvernementaux qui prévoient de remettre en cause certaines exonérations de charges, y compris sur les contrats d’apprentissage, et une nouvelle baisse de l’aide à l’apprentissage.
Le financement de la Protection Sociale
Les sondés commencent également à soutenir une conviction portée par l’U2P et son Président Michel Picon. Celui-ci affirme dans un communiqué de presse publié vendredi 29 novembre : « Pour améliorer le pouvoir d’achat des salariés et des travailleurs indépendants sans accroître la charge des entreprises, le pays doit trouver des sources de financement de la protection sociale qui ne reposent pas sur le travail ».
Une majorité de 50% des répondants est en accord avec cette perspective, contre 22% plutôt opposés. Les professionnels libéraux de la santé (70%), les artisans des travaux publics (65%), et les professionnels libéraux du droit (63%) sont les plus demandeurs d’une telle réforme.
Ce qu’il faut retenir de l’enquête : Cette défiance généralisée reflète les inquiétudes profondes des chefs d’entreprise de proximité face aux politiques économiques et sociales actuelles. Les mesures prévues par le gouvernement sont perçues comme une charge supplémentaire pour les entreprises, alors que celles-ci réclament des allègements fiscaux et des soutiens spécifiques pour maintenir leur compétitivité et leur viabilité. La nécessité de trouver des sources de financement de la protection sociale alternatives au travail soulève des questions fondamentales sur la structure et la soutenabilité du modèle social français. Cette discussion est d’autant plus pertinente dans un contexte où la confiance entre les acteurs économiques et les autorités publiques est érodée.

