Les résultats de cette étude montrent que l’entretien annuel, loin d’être obsolète, reste un moment clé. Mais pour qu’il réponde aux attentes des deux parties, une transformation en profondeur s’impose : une approche plus fluide, engageante, et tournée vers l’avenir.
En cette période de fin d’année, les entreprises entrent dans une phase décisive : les campagnes d’entretiens annuels. Skillup, plateforme spécialisée dans la gestion des talents, a collaboré avec OpinionWay pour interroger 400 RH et collaborateurs sur ce rituel managérial. Le chiffre est frappant : 37 % des salariés se disent prêts à quitter leur poste si un entretien individuel se déroule mal. Mais derrière ce pourcentage se cache une tension plus profonde entre attentes des employés, exigences des managers, et pratiques RH…
Des attentes divergentes dès la préparation
Les objectifs affichés par les deux parties divergent, dès les prémices des entretiens. Pour 66 % des responsables RH interrogés, les collaborateurs cherchent principalement à discuter de leur rémunération.
Pourtant, l’étude montre que les salariés privilégient d’abord l’évaluation de leurs performances (64 %), reléguant la question salariale au second plan.
Au-delà des thématiques abordées, la préparation elle-même suscite des critiques. Peu confiants, seuls 22 % des salariés déclarent aborder cette période sereinement. Ce chiffre tombe à 16 % lorsqu’il s’agit de se sentir en mesure d’exprimer pleinement leurs attentes.
Julien Barone, Directeur du Développement RH chez DOMINO RH, témoigne de l’impact d’une meilleure préparation sur l’engagement collaborateur : « L’année dernière, nos trames d’entretien étaient devenues des check-lists impersonnelles. Nous avons entièrement repensé leur contenu et formé nos managers à adopter une posture davantage orientée développement. Résultat, le taux de participation a bondi de 50 points et les retours qualitatifs sont bien plus riches. »
Un format trop rigide et peu engageant
Le sentiment d’une formalité déconnectée des réalités est largement partagé. Près de deux salariés sur trois (63 %) considèrent les entretiens comme un simple exercice administratif, sans réelle valeur ajoutée.
PIRE : un sur deux affirme qu’ils se résument à des obligations sans impact concret.
Les chiffres montrent un décalage saisissant : tandis que 82 % des RH estiment que ces entretiens favorisent un dialogue ouvert et transparent, les collaborateurs, eux, peinent à s’exprimer librement.
Reconnaissance et suivi, des clés sous-exploitées
Si les entretiens visent à évaluer les performances, les salariés réclament qu’on valorise aussi leur engagement et leur potentiel. Pourtant, 43 % d’entre eux jugent floues les méthodes d’évaluation, en particulier sur les critères de performance et le poids accordé à leurs réalisations.
Les perspectives d’évolution figurent parmi les attentes prioritaires. Près de la moitié des salariés (48 %) espèrent des discussions plus axées sur leur développement, avec des propositions de formations ou d’accompagnements post-entretien. Hugues Peuchot, co-fondateur de Skillup, explique cette évolution : « En tant qu’outil RH, nous voyons les attentes évoluer. Les collaborateurs souhaitent un véritable dialogue, orienté sur l’avenir, avec des actions concrètes qui s’en suivent ».
Quand l’entretien devient stratégique
Pour rendre les entretiens plus efficaces, les entreprises s’orientent vers des outils et méthodes capables de transformer ces échanges en leviers d’engagement.
L’historisation des échanges, la transparence dans les évaluations et une meilleure personnalisation sont au cœur des stratégies gagnantes.

