Face à une concurrence internationale accrue, les ETI sont dans l’équation de la compétitivité économique du pays tout en cherchant à attirer, retenir et engager leurs collaborateurs. Le baromètre EY « Future Ready », publié ce mardi 21 janvier, met en lumière les priorités, les tensions et les aspirations qui traversent ces entreprises.
Recrutement et rétention : un équilibre encore fragile
Les ETI continuent de faire face à des défis significatifs en matière de gestion des talents. Si 77 % des dirigeants interrogés admettent des difficultés à recruter, ce chiffre marque néanmoins une amélioration par rapport à 2023 (-16 points). En parallèle, 61 % peinent à retenir leurs employés, signe que le marché du travail reste tendu.
Ce contexte met en lumière un désalignement entre dirigeants et collaborateurs. Les premiers privilégient des initiatives liées à la formation continue et à l’amélioration de l’environnement de travail (75 % et 69 % respectivement), tandis que les seconds citent la rémunération comme leur priorité (84 %, dont 50 % la classent en tête).
Ce fossé dans les attentes souligne l’importance de redéfinir les stratégies RH pour mieux intégrer les besoins de reconnaissance financière avec les ambitions de transformation organisationnelle.
Former pour transformer
La formation et le développement des compétences occupent une place centrale dans les stratégies des ETI en 2024. Les dirigeants semblent déterminés à relever les défis de demain, notamment en matière de sécurité numérique, de maîtrise de l’intelligence artificielle et de transition environnementale.
Ainsi, 73 % des entreprises investissent dans des programmes de formation continue, confirmant leur volonté de préparer leurs collaborateurs aux ruptures technologiques et organisationnelles à venir. L’accompagnement au développement de carrière reste également une priorité (63 %), bien que cet axe ait reculé de 13 points par rapport à l’année précédente.
Ces investissements témoignent d’un effort pour ancrer les ETI dans une dynamique de progrès à long terme. Cependant, les collaborateurs appellent à plus de transparence et de reconnaissance dans ces démarches.
L’évaluation de la performance, par exemple, est jugée importante par 86 % des collaborateurs, mais seulement 79 % des entreprises ont mis en place des dispositifs adaptés.
La raison d’être : un levier d’engagement sous-exploité
Introduite par la Loi PACTE en 2019, la raison d’être constitue un atout pour les ETI désireuses de renforcer leur attractivité. 88 % des collaborateurs estiment que cette notion est importante pour leur épanouissement professionnel. Pourtant, 60 % déclarent ne pas comprendre concrètement son implication.
Ce constat met en lumière la nécessité d’un travail de pédagogie de la part des dirigeants. Formuler et incarner une raison d’être claire permettrait non seulement de motiver les équipes, mais aussi de renforcer la cohérence des stratégies internes face aux attentes sociétales croissantes.
Innovation et intrapreneuriat : des aspirations à concrétiser
Si les ETI s’efforcent d’adopter des dispositifs visant à valoriser leurs talents, certains aspects demeurent insuffisamment développés. Parmi eux, l’intrapreneuriat et l’innovation occupent une place notable. Tandis que 75 % des collaborateurs jugent ces mesures importantes pour l’avenir de leur entreprise, seuls 36 % des dirigeants déclarent y consacrer des investissements.
Ce décalage reflète une sous-exploitation du potentiel interne des ETI. Favoriser un esprit entrepreneurial au sein des équipes pourrait pourtant constituer un levier puissant pour encourager l’engagement, tout en renforçant leur capacité à s’adapter aux évolutions du marché.
Repenser le télétravail : un enjeu de cohésion
Après avoir été massivement adopté pendant la crise sanitaire, le télétravail perd du terrain au sein des ETI. En 2024, seules 49 % des entreprises considèrent ce mode de travail comme prioritaire, marquant un recul de 22 points par rapport à l’année précédente.
Cette tendance reflète un besoin croissant de renforcer la cohésion d’équipe et d’intégrer les nouveaux collaborateurs en présentiel. Les dirigeants privilégient désormais des mesures axées sur le bien-être au travail et la quête de sens, comme l’engagement philanthropique ou la promotion d’un environnement de travail collaboratif et inclusif.
Rémunération et reconnaissance : des attentes non négociables
Les résultats du baromètre soulignent l’importance accordée par les collaborateurs à la reconnaissance financière et non financière. 84 % des employés estiment que la rémunération doit être une priorité. Cependant, les dirigeants concentrent davantage leurs efforts sur des politiques collectives (intéressement, primes supra-légales) et des avantages non financiers (cantines, solutions de mobilité durable), perçues comme des outils de fidélisation à long terme.
Cette approche, bien que pertinente, pourrait bénéficier d’un meilleur équilibre avec les attentes exprimées, notamment dans un contexte marqué par une inflation persistante et des préoccupations croissantes liées au pouvoir d’achat.
Ce qu’il faut retenir
Recrutement et rétention en tension : 77 % des ETI rencontrent encore des difficultés à recruter, et 61 % à fidéliser leurs collaborateurs, malgré une légère amélioration par rapport à 2023.
La formation, une priorité stratégique : 73 % des dirigeants continuent d’investir dans le développement des compétences pour répondre aux besoins futurs de leur entreprise.
Décalage sur l’innovation : 75 % des collaborateurs jugent l’intrapreneuriat et l’innovation importants, mais seulement 36 % des ETI y consacrent des efforts significatifs.
Le télétravail en recul : Seules 49 % des entreprises placent encore le travail hybride parmi leurs priorités, privilégiant des initiatives favorisant le lien social et l’engagement.
La raison d’être sous-exploitée : Bien que 88 % des collaborateurs estiment cette notion importante pour leur épanouissement, 60 % ne savent pas ce qu’elle implique concrètement, mettant en avant un besoin de pédagogie.

