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Vinted, Leboncoin : non, vendre pour plus de 300 euros ne vous obligera pas à devenir micro-entrepreneur

©atakan de Getty Images Signature. Illustration.
Tout est parti d’une vidéo diffusée sur TikTok le 15 octobre, annonçant qu’à partir du 1ᵉʳ janvier 2026, toute personne vendant pour plus de 300 euros sur Leboncoin ou Vinted devrait s’enregistrer comme autoentrepreneur et payer des cotisations à l’Urssaf.

Une vidéo virale sur TikTok, vue plus de 800.000 fois, a pourtant semé le doute en affirmant le contraire. Décryptage d’une rumeur bien éloignée de la réalité.

Une rumeur née d’un montage trompeur

Tout est parti d’une vidéo diffusée sur TikTok le 15 octobre, annonçant qu’à partir du 1ᵉʳ janvier 2026, toute personne vendant pour plus de 300 euros sur Leboncoin ou Vinted devrait s’enregistrer comme autoentrepreneur et payer des cotisations à l’Urssaf.

Pour appuyer cette affirmation, la séquence montrait un vote à l’Assemblée nationale accompagné du message : « texte voté par 305 voix pour, 199 contre ». En réalité, précisent France Info, ces images n’ont rien à voir avec les ventes en ligne : elles proviennent du vote de la loi sur l’aide à mourir, adopté en mai 2025.

Aucun texte ne prévoit à ce jour la moindre modification du cadre légal applicable aux ventes entre particuliers, et aucune proposition de loi en ce sens n’a été déposée, comme l’indique également le Journal officiel.

L’Urssaf confirme : aucune obligation de statut

Contactée par nos confrères de France Info, l’Urssaf a tenu à rappeler qu’il n’existe aucune obligation de recourir au statut d’autoentrepreneur pour vendre sur une plateforme.“Le régime de l’autoentrepreneur est toujours facultatif pour les entrepreneurs individuels”, souligne l’administration.

Autrement dit, vider son dressing sur Vinted ou revendre un meuble sur Leboncoin ne fait pas de vous un professionnel. Ces ventes restent considérées comme occasionnelles, tant qu’elles ne relèvent pas d’une activité commerciale organisée.

Le vrai seuil : 2 000 euros et 30 transactions

Le chiffre de 300 euros évoqué dans la vidéo ne repose sur aucun fondement légal. En revanche, la loi fixe bien un autre seuil, mais d’une nature différente.

Dès lors qu’un utilisateur réalise au moins 30 transactions dans l’année et dépasse 2.000 euros de revenus, la plateforme (Vinted, Leboncoin, eBay, etc.) a l’obligation de transmettre ces informations à l’administration fiscale.

Cela ne signifie pas pour autant que le vendeur doit créer une entreprise : s’il s’agit d’objets personnels revendus ponctuellement, aucune cotisation sociale n’est due.

En revanche, la situation change lorsque les ventes concernent des biens achetés ou fabriqués dans le but de les revendre : cette activité relève alors d’un cadre professionnel et doit être déclarée dès le premier euro.


Certains cas spécifiques restent imposables

Même en cas de ventes occasionnelles, certaines opérations peuvent être soumises à l’impôt. L’administration fiscale précise que la fiscalisation s’applique notamment dans les situations suivantes :

  • lorsque les biens vendus sont des métaux précieux ;
  • lorsque la vente porte sur des bijoux, objets d’art, de collection ou d’antiquité d’une valeur supérieure à 5.000 euros ;
  • ou encore lorsqu’un bien est cédé pour plus de 5.000 euros, à l’exception des meubles, appareils électroménagers et véhicules.

Dans ces cas, le vendeur est soumis au régime des plus-values de cession de biens meubles, avec un taux d’imposition fixé à 19 %.

Ces situations restent minoritaires, mais elles rappellent que certaines ventes, même ponctuelles, peuvent entrer dans le champ de la fiscalité.

Attention si vous percevez des aides de la CAF

Autre précision importante apportée par France Info : les ventes réalisées sur ces plateformes doivent être déclarées à la CAF lorsqu’on perçoit des prestations sociales. Le montant du RSA, notamment, dépend des ressources déclarées. Toute rentrée d’argent, même issue d’une vente en ligne, peut donc influencer le calcul de l’allocation.

En résumé

Aucune loi n’imposera le statut d’autoentrepreneur aux particuliers vendant occasionnellement leurs biens sur internet.

Les obligations actuelles se limitent à :

  • la déclaration fiscale pour les revenus importants ou les activités professionnelles régulières,
  • et quelques cas spécifiques soumis à l’imposition sur les plus-values (bijoux, objets d’art, métaux précieux, etc.).

Vendre des vêtements, des meubles, des vélos ou des bijoux restera, en 2026 comme aujourd’hui, un moyen simple de donner une seconde vie à ses objets, sans devoir devenir entrepreneur.

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