
Pour 2025, la boule de Noël s’appelle GRIP. Conçue par le jeune designer Lucas Lorigeon, elle interroge notre rapport à la matière, à la fragilité, et à la beauté du geste artisanal.
Chaque hiver, le site verrier de Meisenthal (Moselle) dévoile une nouvelle création soufflée à la bouche. Pour 2025, la boule de Noël s’appelle GRIP. Conçue par le jeune designer Lucas Lorigeon, elle interroge notre rapport à la matière, à la fragilité, et à la beauté du geste artisanal.
Une tradition verrière devenue un atout économique
Dans la vallée des Vosges du Nord, la tradition des boules de Noël remonte à 1858, lorsque la sécheresse priva un verrier de fruits à suspendre au sapin. Il eut alors l’idée de les remplacer par des sphères en verre soufflé — une invention mosellane devenue emblématique des fêtes de fin d’année.
Depuis 1999, le Centre International d’Art Verrier (CIAV) de Meisenthal a ravivé cette tradition à travers une collection annuelle mêlant savoir-faire patrimonial et création contemporaine. Chaque boule est dessinée par un designer invité, produite localement et vendue en édition limitée.
« Notre mission est de faire dialoguer patrimoine et innovation », rappelle l’équipe du CIAV. « Chaque boule raconte un savoir-faire, mais aussi un état d’esprit contemporain. »
Un équilibre qui séduit : en 2024, le site a écoulé plus de 90.000 boules, générant un afflux de visiteurs et un rayonnement économique inédit pour ce village mosellan de 700 habitants.
Lucas Lorigeon : un designer qui fait parler la main
Formé à l’ENSCI – Les Ateliers à Paris, Lucas Lorigeon (28 ans) appartient à une génération de créateurs pour qui le design est d’abord un outil d’exploration.

« Le design est un alibi pour désapprendre, désobéir et raconter le monde autrement », résume-t-il dans le dossier de présentation de GRIP. Son point de départ ? Un geste simple : celui de tenir une boule de Noël. « J’ai ressenti cette vigilance instinctive : la peur de la faire tomber. J’ai voulu prolonger ce moment, accompagner ce rapport délicat à la matière. »
Le résultat est à la fois tactile et visuel. GRIP se distingue par un motif en relief inspiré des surfaces antidérapantes — poignées, outils, semelles — qu’il transpose au verre soufflé. « Ces stries, pensées d’abord pour la prise, créent finalement d’incroyables effets optiques », ajoute le designer.
GRIP, une boule de Noël au design fonctionnel et poétique
Soufflée dans les ateliers du CIAV, GRIP associe modélisation 3D, moulage en plâtre et techniques verrières traditionnelles. La surface texturée, faite de croisillons et de stries, évoque la préhension sans altérer la transparence du verre. « Le verre invite naturellement à la précaution. C’est ce moment suspendu, ce soin porté à l’objet, qui m’a inspiré ».

Cette double lecture — fonctionnelle et émotionnelle — fait de GRIP une pièce à part. À la fois familière et inédite, elle redéfinit le geste de décoration comme un acte de conscience, entre technique et poésie.
Un objet d’image pour les entreprises
Si la boule de Meisenthal attire les collectionneurs, elle séduit aussi les entreprises. Certaines l’utilisent comme cadeau d’affaires, d’autres l’intègrent à leur communication de fin d’année. Chaque édition conjugue esthétique, ancrage territorial et production responsable, des valeurs de plus en plus recherchées dans les politiques RSE.
« La boule de Meisenthal, c’est l’alliance de la tradition et du design contemporain. Offrir cet objet, c’est soutenir un savoir-faire local », souligne un partenaire institutionnel du CIAV.
La collection agit comme un véritable support de storytelling. En B2B, elle renforce l’image d’entreprise tout en participant à la valorisation d’un patrimoine industriel.
L’édition 2024, Kaktus : le succès qui a tout changé
Difficile de parler de GRIP sans évoquer Kaktus, la boule de 2024 dessinée par le designer allemand Mark Braun.
Inspirée par la figue de Barbarie, elle imaginait un Noël « au balcon », entre dérèglement climatique et exotisme.
Le public a immédiatement adhéré : 43.000 exemplaires vendus en un mois, propulsant Meisenthal dans les médias nationaux. « Le succès de Kaktus a montré qu’une boule de Noël pouvait aussi être un manifeste », observait alors la direction du site verrier.
Là où celle boule questionnait notre rapport à la nature, GRIP recentre le propos sur la relation intime entre la main et la matière. Deux approches, deux temporalités, mais un même fil conducteur : le design comme langage.
Une continuité créative qui renforce la marque Meisenthal
D’une année à l’autre, le CIAV poursuit sa ligne éditoriale : une création annuelle, signée d’un designer différent, produite localement et vendue dans un circuit court. Cette stratégie d’édition, rare dans le secteur de l’artisanat, fait de Meisenthal un modèle de développement culturel et économique.
Pour les acteurs du design, la collection des boules de Noël est devenue un repère. Pour les TPE et PME régionales, un symbole de savoir-faire partagé. « Chaque boule raconte à la fois l’histoire d’un territoire et celle de ceux qui le font vivre », conclut l’équipe du CIAV.
En 2025, Meisenthal poursuit sa démonstration : tradition et innovation peuvent cohabiter durablement.
Avec GRIP, la boule de Noël devient une métaphore du soin, du geste attentif, du lien entre création et transmission.
Et si, cette année, les entreprises faisaient de cet objet un symbole de leur propre engagement artisanal et humain ?
En chiffres – Les boules de Noël de Meisenthal
| Année | Nom du modèle | Designer | Ventes totales | Particularité |
|---|---|---|---|---|
| 2025 | GRIP | Lucas Lorigeon | à venir | Texture antidérapante, design tactile |
| 2024 | Kaktus | Mark Braun | 43 000 | Allégorie du changement climatique |
| 2023 | Silex | David Valère | 32 000 | Inspirée de l’outil préhistorique |
| 2022 | Météorite | Studio Bouchain | 28 000 | Forme brute, effet minéral |

