
Aux micros de RTL, ce vendredi 14 novembre, le directeur général François Marciano expliquait : « Ce sont principalement des particuliers, des Français qui veulent sauver leur usine. Ils veulent sauver leur madeleine de Proust. »
La célèbre verrerie, reprise en 2024 par ses salariés, a réussi à récolter 19 millions d’euros de promesses d’investissement auprès du public. Une mobilisation populaire révélatrice de l’attachement à cette marque patrimoniale.
Une relance symbolique… aux enjeux industriels réels
Placée en redressement judiciaire en avril 2024 avant sa reprise en SCOP par ses 228 salariés, l’entreprise rappelle n’avoir « aucune dette », mais avoir souffert de trois décennies de sous-investissement.
L’enveloppe récoltée permettra d’ouvrir un nouveau cycle d’investissements, avec l’objectif de moderniser l’outil industriel et d’élargir l’offre. Le directeur indiquait : « On va, sur ces 5 millions, utiliser 2,5 millions pour investir dans de nouveaux produits. L’autre moitié va servir à investir dans des marchés B2B. »
Une stratégie « tout-verre dans la maison »
Historiquement connue pour ses verres résistants, Duralex veut désormais s’immiscer dans l’ensemble du quotidien domestique. Lors de son passage sur RTL, le dirigeant a résumé sa stratégie : fabriquer « tout ce qui est en verre dans une maison, hormis les vitres ». Il a également évoqué quelques pistes avec humour : « Je ne vais pas vous dévoiler tous les secrets… une patère pour accrocher vos vêtements. »
Cette diversification vise à renforcer la valeur ajoutée des produits, tout en capitalisant sur le label « made in France » et sur l’aura patrimoniale de la marque.
Les objectifs financiers et les défis à venir
Le chiffre d’affaires devrait atteindre 33 millions d’euros cette année, avec un seuil d’équilibre espéré autour de 35 millions. Le cap des 39 millions est visé à horizon 2030. Si ces objectifs sont encore en ligne de mire, la SCOP bénéficie d’un soutien public exceptionnel et d’une dynamique interne retrouvée.
- Reste à relever plusieurs défis :
- Renouvellement des machines,
- Montée en gamme,
- Concurrence venue de l’international,
- Gestion de l’énergie, enjeu lourd pour une industrie verrière.
Un modèle à observer
L’histoire récente de Duralex confirme la capacité d’une marque emblématique à rallier le grand public et à s’appuyer sur lui pour se réinventer. L’entreprise ne cherche plus seulement à survivre : elle entend maîtriser une nouvelle trajectoire industrielle, nourrie par la mobilisation citoyenne et par la détermination de ses salariés-associés.

