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Apprentissage : pourquoi les signatures de contrats reculent en 2025

Graphique représentant une tendance à la baisse, avec des barres verticales rouges et une flèche descendante.
©Lerbank-bbk22 / Lerbank-bbk22 / Illustration

Après plusieurs années de progression continue, l’apprentissage marque le pas en 2025. Selon des données provisoires du ministère du Travail, publiées fin décembre, le nombre de nouveaux contrats signés depuis le début de l’année affiche un recul de 4,4 % par rapport à 2024.

Entre janvier et fin octobre 2025, 768.800 contrats d’apprentissage ont été conclus, contre 804.131 sur la même période un an plus tôt.

Cette inflexion intervient après une phase de croissance soutenue : entre 2023 et 2024, les signatures avaient encore progressé de 4,5 %. Les chiffres sont issus de la synthèse statistique de la Dares sur les contrats d’apprentissage.

Un recul plus marqué dans l’enseignement supérieur

La baisse n’affecte pas tous les niveaux de formation de la même manière. Les formations de l’enseignement secondaire totalisent 306.300 contrats depuis le début de l’année, soit une diminution limitée à 1,4 % sur un an.

En revanche, l’enseignement supérieur concentre l’essentiel du repli, avec 462.600 contrats enregistrés, en baisse de 6,3 %.

L’étude met également en évidence des différences entre secteurs. Les entrées en apprentissage diminuent de 4,2 % dans le secteur privé, tandis que le recul atteint 10 % dans le secteur public.

Ce décrochage intervient dans un contexte de modification des règles de soutien financier à l’apprentissage, avec des aides moins élevées qu’en 2024 pour les employeurs.

Aides revues à la baisse et coût supplémentaire pour les employeurs

Plusieurs évolutions réglementaires permettent d’éclairer cette tendance.

Depuis le début de l’année 2025, les entreprises de 250 salariés ou plus ne bénéficient plus de l’aide exceptionnelle pour les contrats signés jusqu’au 23 février.

Les entreprises de moins de 250 salariés recrutant des apprentis dans l’enseignement supérieur ont également vu leurs dispositifs de soutien se réduire.

À compter du 24 février 2025, les montants d’aide ont été harmonisés, avec 5.000 euros pour les entreprises de moins de 250 salariés et 2.000 euros pour celles de 250 salariés ou plus, des niveaux inférieurs à ceux en vigueur l’année précédente.

S’y ajoute, depuis le 1er juillet 2025, une participation obligatoire de 750 euros pour les employeurs recrutant des apprentis préparant un diplôme de niveau Bac+3 et au-delà, afin de contribuer aux frais de formation.

Ces ajustements se reflètent dans les effectifs globaux. À fin octobre 2025, 1.014.100 personnes étaient engagées dans un contrat d’apprentissage, qu’il ait été signé durant l’année ou précédemment.

Cela représente une baisse de 2 % par rapport à fin octobre 2024. Le repli reste modéré dans l’enseignement secondaire (-1 %), mais atteint 2,6 % dans l’enseignement supérieur.

Fin 2024, le nombre total d’apprentis s’élevait encore à 1.049.500

Une aide réservée aux petites entreprises en 2026

Alors que les chiffres 2025 montrent un ralentissement des signatures de contrats d’apprentissage, le cadre des aides financières aux employeurs évolue encore pour 2026.

Faute d’adoption d’une loi de finances à ce jour, le gouvernement a décidé que, à partir du 1ᵉʳ janvier 2026, les aides à l’embauche d’apprentis ne pourront plus reposer sur des dispositifs exceptionnels mais seront strictement celles prévues par le Code du travail. Dans ce contexte, seules les entreprises de moins de 250 salariés pourront bénéficier de l’aide à l’embauche d’un apprenti, et uniquement pour les contrats préparant un diplôme de niveau équivalent au baccalauréat ou inférieur.

Cette aide restera fixée à 5.000 € pour la première année du contrat.

Les sociétés plus importantes ne pourront plus prétendre à ce soutien automatique, sauf à attendre la publication d’un décret d’application une fois la loi de finances adoptée. Cela ouvre une période d’incertitude pour les grandes entreprises qui, jusqu’à présent, pouvaient toucher des aides spécifiques ou conditionnelles au recrutement d’apprentis.

Cette évolution marque une nouvelle étape de recentrage budgétaire, qui pourrait peser sur la dynamique de l’apprentissage en 2026, déjà mise à l’épreuve par la diminution du nombre de contrats signés en 2025.

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