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Le taux du livret A sera abaissé à 1,5 % à compter du 1er février, contre 1,7 % actuellement. Cette évolution découle du ralentissement de l’inflation, qui a fortement pesé sur la formule de calcul utilisée par la Banque de France.
Ce taux est révisé deux fois par an en fonction de l’inflation hors tabac et de paramètres liés à la politique monétaire de la Banque centrale européenne.
La hausse des prix ayant nettement reculé en 2025, la rémunération du livret A s’en trouve mécaniquement réduite.
En décembre, l’inflation s’élevait à 0,8 %, ce qui limite la marge de maintien de rendements élevés.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a toutefois décidé d’atténuer la baisse. La formule théorique conduisait à un taux de 1,4 %, mais un ajustement a été appliqué afin de préserver le pouvoir d’achat des épargnants.
Cette faculté de dérogation existe lorsque la situation économique le justifie.
En un an, le rendement du livret A a été divisé par deux. Il était encore à 3 % début 2025 avant d’être successivement abaissé à 2,4 %, puis à 1,7 %, et désormais à 1,5 %.
Cette diminution bénéficie en revanche aux acteurs du logement social, dont les conditions d’emprunt sont indexées sur ce taux, ainsi qu’aux banques et aux assureurs, qui voient leurs produits alternatifs devenir plus attractifs.
Pour les micro-entrepreneurs et dirigeants de petites entreprises, cette évolution a une portée très concrète :
- Le livret A sert souvent de réserve de trésorerie de précaution, utilisée pour faire face aux appels de cotisations, à la TVA ou aux décalages de paiement des clients. La baisse du taux réduit mécaniquement le rendement de ces liquidités immobilisées et pousse les dirigeants à arbitrer plus finement entre sécurité et rentabilité.
- Elle renforce aussi un paradoxe bien connu des indépendants : beaucoup sont à la fois chefs d’entreprise et ménages aux revenus modestes. Ils subissent donc la baisse du livret A à double titre, comme particuliers et comme gestionnaires de trésorerie.
Le LEP, toujours plus rémunérateur pour les ménages modestes
Dans ce contexte, la Banque de France met de nouveau en avant le Livret d’épargne populaire (LEP), destiné aux ménages modestes.
Son taux devrait passer de 2,7 % à 2,5 % au 1er février, tout en restant nettement supérieur à celui du livret A. Le gouverneur rappelle qu’il s’agit du placement réglementé le plus avantageux pour les épargnants éligibles.
Pour de nombreux indépendants à faibles revenus, le LEP constitue pourtant une opportunité largement sous-exploitée.
Environ 12 millions de comptes sont aujourd’hui ouverts, alors que plus de 30 millions de personnes remplissent les conditions pour en bénéficier.
Peu mis en avant par les banques, ce livret reste méconnu, alors même qu’il permet de mieux protéger une épargne de sécurité indispensable aux petites structures.
Au-delà des livrets, la baisse du livret A envoie aussi un signal macroéconomique aux entreprises : un environnement de taux plus bas favorise les conditions de financement, mais rend l’épargne de précaution moins rémunératrice.

