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Ralentissement net de la hausse des salaires fin 2025 selon la Dares

3–4 minutes
Bouton d'arrêt rouge avec le mot 'STOP' en blanc sur un mur.

La progression des salaires dans le secteur privé marque un coup d’arrêt en fin d’année. Selon les résultats provisoires publiés par la Dares pour le 4e trimestre 2025 le 6 février dernier, la hausse des rémunérations ralentit nettement, confirmant une normalisation après deux années de fortes revalorisations liées à l’inflation.

Un signal important pour les employeurs, notamment les TPE, qui sortent d’une période de tensions salariales continues.

Une hausse limitée à +0,2 % au 4e trimestre

Au 4e trimestre 2025, le salaire mensuel de base (SMB) progresse de seulement +0,2 %. Même évolution pour le salaire horaire de base des ouvriers et des employés (SHBOE), également en hausse de +0,2 % sur le trimestre.

Le mouvement contraste avec le début d’année 2025 : +0,7 % au 1er trimestre, +0,5 % au 2e, puis +0,3 % au 3e. La décélération est donc progressive mais marquée.

Sur un an, la hausse du SMB atteint +1,7 %, contre +2,0 % au trimestre précédent. Le salaire horaire des ouvriers et employés augmente quant à lui de +1,6 % sur un an.

La dynamique salariale reste positive, mais elle change clairement de rythme.

L’inflation plus faible modifie la donne

Pour comprendre ce ralentissement, il faut le mettre en perspective avec l’évolution des prix. Entre décembre 2024 et décembre 2025, l’inflation hors tabac s’établit à +0,7 %.

En euros constants, autrement dit en tenant compte de l’inflation, les salaires progressent donc toujours :

  • +1,0 % pour le salaire mensuel de base,
  • +0,8 % pour le salaire horaire des ouvriers et employés.

Les salariés enregistrent ainsi un léger gain de pouvoir d’achat. Mais ce gain reste modéré comparé aux rattrapages observés après les pics inflationnistes de 2022 et 2023.

Autrement dit : la mécanique d’ajustement automatique liée à l’inflation s’essouffle.

Industrie, construction, tertiaire : des hausses différenciées

Le ralentissement touche l’ensemble des secteurs, mais avec quelques nuances.

Sur un an :

  • L’industrie affiche une hausse de +2,0 % du SMB.
  • La construction progresse de +1,7 %.
  • Le tertiaire enregistre +1,6 %.

En euros constants, les augmentations réelles restent contenues, comprises entre +0,9 % et +1,2 % selon les secteurs.

Cette modération peut s’expliquer par un contexte économique moins porteur, des marges plus contraintes et un marché de l’emploi qui se stabilise après les tensions de recrutement observées dans plusieurs branches.

Toutes les catégories concernées

Le ralentissement ne concerne pas uniquement certaines catégories de salariés.

Sur un an, la progression du salaire mensuel de base s’établit à :

  • +1,6 % pour les ouvriers,
  • +1,5 % pour les employés,
  • +1,8 % pour les professions intermédiaires,
  • +1,9 % pour les cadres.

En termes réels, la hausse reste positive pour toutes les catégories, mais là encore, les écarts sont limités.

La période de revalorisations rapides et généralisées semble donc derrière nous.

Un changement de cycle salarial

Ces résultats provisoires traduisent un changement de cycle. Entre 2022 et 2024, la hausse des salaires avait été fortement alimentée par :

  • les revalorisations automatiques du Smic,
  • les négociations de branches,
  • la nécessité pour les entreprises de rester attractives sur un marché du travail tendu,
  • la pression sociale liée à la flambée des prix.

Fin 2025, le contexte évolue :

  • l’inflation ralentit,
  • les tensions sur le recrutement se stabilisent,
  • les entreprises cherchent à préserver leurs marges,
  • la visibilité économique reste incertaine.

La progression salariale se normalise.

Quelles conséquences pour les TPE ?

Même si l’enquête porte sur les entreprises de 10 salariés ou plus, les tendances observées donnent un cap utile aux très petites entreprises.

  • Première conséquence : la pression immédiate sur les revalorisations pourrait s’atténuer en 2026, en l’absence de nouveau choc inflationniste.
  • Deuxième point : le gain de pouvoir d’achat, bien que limité, peut contribuer à réduire les revendications salariales les plus urgentes.
  • Troisième élément : la modération salariale ne signifie pas la fin des ajustements. Les obligations légales, les minima conventionnels et les revalorisations du Smic continueront d’avoir un impact mécanique sur les grilles.

Pour les TPE aux marges serrées, l’enjeu sera d’arbitrer entre :

Une vigilance à maintenir

Ces chiffres restent provisoires. Les résultats définitifs seront publiés en mars 2026.

Mais la tendance est que la hausse des salaires se poursuit, tout en changeant d’intensité.

Après deux années de fortes revalorisations, 2025 marque un retour à un rythme plus mesuré. Les salaires progressent désormais davantage en ligne avec l’inflation, sans accélération marquée.

Pour les dirigeants de TPE, cela signifie une respiration relative sur le front des coûts salariaux, sans pour autant sortir d’une logique d’ajustement permanent.

La question pour 2026 ne sera plus celle du rattrapage, mais celle de l’équilibre : comment maintenir l’engagement des équipes tout en sécurisant la rentabilité ?

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