
Face à la flambée des prix des carburants liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé ce mardi 21 avril une série de mesures destinées à soutenir les ménages qui roulent pour travailler ainsi que plusieurs secteurs économiques fragilisés.
- L’exécutif écarte, pour l’instant, l’idée d’un chèque carburant généralisé ou d’une baisse massive des taxes.
- La ligne retenue repose sur des aides ciblées, temporaires et orientées vers l’activité.
Une aide carburant de 20 centimes pour les gros rouleurs modestes
Mesure la plus attendue : une prise en charge équivalente à 20 centimes par litre pour les mois d’avril, mai et juin à destination des automobilistes utilisant leur véhicule dans un cadre professionnel.
Le dispositif viserait près de 3 millions de Français, selon Matignon, avec un ciblage sur les salariés et indépendants aux revenus modestes contraints de prendre la route pour exercer leur activité.
Les critères de revenus et les modalités pratiques doivent être précisés rapidement par le gouvernement.
BTP : une aide spécifique pour le gazole non routier
Le secteur du bâtiment et des travaux publics, déjà sous tension sur les coûts, bénéficiera d’un accompagnement spécifique.
Les petites structures de moins de 20 salariés les plus exposées à la hausse des carburants pourraient obtenir une aide équivalente à 20 centimes par litre de gazole non routier (GNR).
Une concertation ministérielle doit aboutir dans les prochains jours.
Pêche : un soutien renforcé
Les professionnels de la pêche, particulièrement sensibles au prix du carburant, verraient leur aide revalorisée.
Le soutien actuellement fixé à 20 centimes par litre pourrait être porté entre 30 et 35 centimes par litre, sous réserve d’échanges avec les autorités européennes.
Agriculteurs : aide multipliée
Le gouvernement annonce aussi un effort renforcé pour les exploitants agricoles.
L’accompagnement passerait à 15 centimes par litre dès mai, avec une enveloppe revue à la hausse. L’exécutif évoque un soutien quatre fois supérieur au premier dispositif mis en place.
Transport routier, taxis et VTC : discussions ouvertes
- Pour les transporteurs, l’aide forfaitaire déjà décidée serait maintenue en mai.
- Concernant les taxis et les VTC, des échanges spécifiques doivent s’ouvrir dans les prochains jours afin d’évaluer les besoins du secteur.
Pression sur les distributeurs
Le Premier ministre a également demandé davantage de transparence sur les marges dans la distribution de carburant.
Objectif affiché : que les baisses des cours se répercutent plus rapidement à la pompe, et pas seulement les hausses.
D’autres annonces possibles si la crise s’aggrave
Le gouvernement prévient que de nouvelles mesures pourraient être prises si les tensions internationales entraînent une aggravation durable des prix de l’énergie.
L’électrification des usages et la réduction de la dépendance aux hydrocarbures restent aussi présentées comme des axes de moyen terme.

