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Fraude bancaire : les entreprises vont pouvoir signaler des IBAN suspects

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© Jakub Zerdzicki / Pexels

Les entreprises et les banques disposent désormais d’un nouvel outil pour tenter d’endiguer les fraudes aux paiements. Le ministère de l’Économie et la Banque de France ont annoncé, mercredi 7 mai, le lancement du fichier national des comptes signalés pour risque de fraude (FNC-RF), une plateforme destinée à partager les signalements d’IBAN considérés comme potentiellement utilisés par des fraudeurs.

Ce dispositif découle de la loi du 6 novembre 2025 visant à renforcer la lutte contre la fraude bancaire.

Les arrêtés d’application ont été publiés cette semaine, permettant l’entrée en service du fichier.

Le principe : les prestataires de services de paiement, notamment les banques, pourront alimenter une base commune recensant des coordonnées bancaires suspectes. L’objectif affiché est d’améliorer la détection des tentatives de fraude et de renforcer la vigilance lors des virements.

Fraude aux paiements : les chiffres à retenir

  • La fraude aux moyens de paiement a atteint 618 millions d’euros au premier semestre 2025, soit une hausse de 7 % sur un an.
  • En 2024, le montant annuel total de la fraude aux paiements est resté proche de 1,2 milliard d’euros.
  • Les fraudes par manipulation (faux conseiller bancaire, faux fournisseur, changement frauduleux d’IBAN) ont représenté 382 millions d’euros en 2024, soit près d’un tiers de la fraude totale.
  • Les virements frauduleux liés aux détournements de factures et aux modifications d’IBAN représentent près de 48 % des montants fraudés sur les virements.
  • Les virements instantanés ont progressé de 70 % au premier semestre 2025, augmentant la rapidité de circulation des fonds frauduleux.

Source : Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) – Banque de France, rapports 2024 et 2025.

Un partage d’informations entre banques

Concrètement, le fichier sera administré par la Banque de France. Les établissements financiers pourront y transmettre des signalements concernant des comptes bancaires identifiés comme susceptibles d’être utilisés dans des escroqueries.

Le ministère de l’Économie estime que cet échange d’informations doit permettre de mieux anticiper les fraudes, alors que les manipulations visant les particuliers et les entreprises se multiplient. Les arnaques au faux fournisseur, aux faux conseillers bancaires ou encore aux changements frauduleux d’IBAN continuent en effet de représenter un risque important pour les professionnels.

« La fraude aux paiements est un sujet légitime de préoccupation pour nos concitoyens et nos entreprises », souligne Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Le ministre affirme que l’État entend « sans cesse adapter nos outils pour y répondre efficacement ».

Selon lui, ce nouveau fichier doit devenir « une brique essentielle du dispositif national de lutte contre la fraude aux paiements ».

Des fraudes de plus en plus sophistiquées

La Banque de France insiste de son côté sur l’évolution des méthodes employées par les fraudeurs. Faux ordres de virement, usurpation d’identité ou détournement de coordonnées bancaires figurent parmi les techniques les plus répandues.

Pour François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, « il était nécessaire d’adopter de nouveaux outils qui puissent faciliter cette coopération entre établissements bancaires ».

Le responsable évoque des procédés « de plus en plus sophistiqués », nécessitant une coordination renforcée entre les acteurs du paiement. Il précise également que la Banque de France suivra dans le temps « l’efficacité de ce nouveau dispositif ».

Un outil complémentaire des autres systèmes de sécurité

Le FNC-RF ne remplace pas les autres dispositifs déjà déployés contre la fraude bancaire. Les pouvoirs publics rappellent qu’il vient s’ajouter à plusieurs mécanismes promus par l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP).

Parmi eux figure notamment la vérification du bénéficiaire, qui permet de contrôler la cohérence entre le nom du destinataire et l’IBAN renseigné avant un virement. Les autorités citent également le mécanisme d’authentification des numéros de téléphone destiné à limiter les usurpations de lignes téléphoniques utilisées dans les escroqueries.

Des campagnes de sensibilisation du grand public continuent aussi d’être menées pour rappeler les réflexes de vigilance face aux tentatives de fraude.

Une future dimension européenne

À terme, le gouvernement indique que le fichier français devrait s’intégrer à un dispositif européen d’échange de données consacré à la lutte contre la fraude aux paiements. Ce mécanisme est prévu dans le futur règlement européen sur les services de paiement actuellement en préparation.

L’idée est de permettre une coopération plus large entre les établissements financiers européens afin d’identifier plus rapidement les comptes utilisés dans des opérations frauduleuses transfrontalières.

Des garanties sur la protection des données

Le ministère de l’Économie et la Banque de France assurent enfin que le fonctionnement du fichier a été conçu avec des garanties sur la protection des données.

Les autorités précisent qu’aucune donnée nominative ne sera enregistrée dans le dispositif. Les informations inscrites dans le fichier seront également conservées pour une durée limitée.

Le lancement du FNC-RF intervient dans un contexte où les fraudes aux paiements restent surveillées de près par les autorités financières, alors que la généralisation des virements instantanés et la multiplication des cyberattaques accroissent les risques pour les particuliers comme pour les entreprises.

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