Depuis le 1er octobre 2024, un nouveau dispositif d’authentification des appels téléphoniques est entré en vigueur en France. Objectif : lutter contre les arnaques téléphoniques, un phénomène en forte augmentation ces dernières années.
Selon les données de l’Insee, les escroqueries, y compris les fraudes téléphoniques, ont connu une progression alarmante en France. Le nombre de victimes est passé de 250.900 en 2016 à 411.700 en 2023, soit une hausse moyenne de 7,3% par an.
Cette augmentation significative souligne l’urgence de mettre en place des mesures de protection efficaces.
Types d’arnaques les plus fréquents
Parmi les problèmes de sécurité informatique déclarés en 2019, les plus courants étaient :
- La réception de messages invitant à se connecter à un site frauduleux (hameçonnage ou phishing), touchant 42,5% des internautes,
- La redirection vers un site frauduleux demandant des informations personnelles, affectant 21,4% des utilisateurs,
- L’usage frauduleux de la carte de crédit, concernant 5,8% des personnes interrogées,
Ces chiffres (source : Insee) mettent en évidence la diversité des techniques utilisées par les escrocs et la nécessité d’une approche globale pour contrer ces menaces.
Un dispositif d’authentification couplé à la vigilence humaine
Concrètement, cette nouvelle mesure d’authentification téléphonique est activée depuis octobre. Les opérateurs seront tenus de certifier l’authenticité des numéros apparaissant sur les écrans des appareils des destinataires d’appels ou de messages.
Cette initiative découle de la loi Naegelen, promulguée le 24 juillet 2020, qui vise à réguler le démarchage téléphonique et à combattre les appels frauduleux.
Le but principal est d’empêcher les escrocs d’usurper les numéros d’institutions comme les banques ou les organismes publics tels que la Sécurité sociale.
Cette mesure représente une avancée significative dans la lutte contre les arnaques téléphoniques, en particulier celles impliquant l’usurpation d’identité d’organismes officiels. Elle devrait renforcer la confiance des consommateurs lors de la réception d’appels ou de messages, sachant que l’identité de l’appelant aura été vérifiée par leur opérateur.
Dans un premier temps, le dispositif ne s’appliquera qu’aux appels de fixe à fixe, hors lignes de cuivre. Cependant, l’extension progressive du système est prévue pour couvrir d’autres technologies, notamment les réseaux mobiles qui représentent une part importante des communications.
Malgré ces avancées technologiques, la vigilance des utilisateurs reste l’élément clé. En 2019, selon l’Insee, 66,3% des Français déclaraient qu’un membre de leur famille ou un ami avait été exposé ou victime d’un cybercrime. Ce chiffre élevé souligne l’importance de l’éducation et de la sensibilisation du public aux risques liés aux arnaques téléphoniques et en ligne.

