Crédit photo : ©Virta France
Guillaume Noblet, country manager France chez Virta, acteur de référence dans la recharge électrique, éclaire l’importance des nouvelles obligations en matière de cybersécurité pour ces bornes.
Le 15 octobre 2024, la directive NIS 2 a été présentée en Conseil des ministres. Bientôt en application, elle marque un tournant majeur pour la sécurité des réseaux d’information dans l’Union européenne. Elle impose de nouvelles exigences pour protéger les infrastructures critiques, incluant les opérateurs de bornes de recharge pour véhicules électriques. Pour de nombreuses entreprises, cette norme représente un défi, mais aussi une opportunité d’optimiser la sécurité de leurs installations et de s’inscrire dans une dynamique de transformation numérique.
Une protection accrue pour les données sensibles des usagers
Virta, entreprise finlandaise fondée en 2010, est pionnière dans le développement des solutions de recharge pour véhicules électriques en Europe. Au fil des ans, elle a cultivé des relations avec ses clients, intégrant les retours d’expérience des chauffeurs dans ses produits.
Guillaume Noblet explique que ces informations issues du terrain, en lien avec les habitudes de recharge des utilisateurs, sont extrêmement sensibles et nécessitent une sécurisation avancée.
« Les exigences de cybersécurité aujourd’hui obligent à un niveau de vigilance bien plus élevé ». Concrètement, pour Virta, cela passe par des certifications ISO 27001 et SOC 2, validées par des audits annuels qui garantissent la protection des systèmes d’information.
La directive NIS 2, en imposant une sécurisation de bout en bout, accentue ces pratiques en incitant les acteurs de la recharge à assurer la sécurité des données sensibles de leurs clients à chaque étape de leur usage des infrastructures.
Des exigences rigoureuses pour un secteur en expansion
Avec la directive NIS 2, les opérateurs de bornes de recharge doivent répondre à des normes de sécurité accrues. Guillaume Noblet en décrit les grandes lignes :
- Gestion des risques : chaque entreprise doit évaluer régulièrement les menaces pour anticiper et réduire l’impact d’éventuels incidents.
- Rapidité de réaction : certains incidents doivent être signalés dans les 24 heures, notamment ceux qui présentent des risques majeurs pour la sécurité tels que des pannes bloquantes de longue durée, ou bien des fuites de données personnelles à grande échelle, ce qui exige des entreprises d’avoir des procédures de réponse rigoureuses.
- Choix des prestataires : les partenaires doivent désormais démontrer leur capacité de réponse et leur expertise en cybersécurité.
- Continuité d’activité : les entreprises soumissionnaires pour des projets publics doivent maintenant inclure des documents de prévention des risques détaillés.
- Responsabilité financière : des sanctions allant jusqu’à 10 millions d’euros en cas de manquement.
Pour Virta, cette directive s’est traduite par un rapatriement intégral des données sur des serveurs européens afin de garantir leur traitement local. « Ce choix répond non seulement aux impératifs de la NIS 2, mais aussi aux attentes de nos clients » confirmant l’importance pour les entreprises du secteur de renforcer leur sécurité de manière proactive.
Des infrastructures de recharge plus sûres et un accompagnement spécialisé
Pour les petites entreprises souhaitant verdir leurs flottes (et/ou investir dans des systèmes de recharge), la NIS 2 offre aussi des perspectives intéressantes. En fixant un cadre de sécurité standardisé, elle incite les entreprises à adopter des solutions plus modernes et sécurisées pour la gestion de leurs infrastructures.
« La directive pousse l’industrie à accélérer sa transformation numérique et à se conformer aux normes internationales » ajoute Guillaume Noblet. Cette standardisation permet aux entreprises d’optimiser la collecte de données tout en les protégeant, créant ainsi un terrain plus sûr pour adopter les véhicules électriques.
La directive met aussi en en lumière l’importance d’être bien accompagné. Il est essentiel de consulter des experts capables de définir les besoins spécifiques d’une entreprise en termes de recharge : « Une mauvaise évaluation des besoins peut coûter cher. Chez Virta, nos solutions clé-en-main permettent aux petites entreprises d’accéder facilement à des installations de recharge adaptées à leurs besoins, tout en respectant les normes de cybersécurité les plus exigeantes » précise-t-il.
Sensibilisation et évolution des mentalités : un secteur en pleine mutation
Dans un secteur où la technologie évolue rapidement, Virta observe une progression marquée de la maturité des marchés européens. On remarque qu’une transition électrique s’étend largement, mais que le passage à l’acte nécessite souvent un accompagnement personnalisé.
« Convaincre un dirigeant d’adopter des véhicules électriques n’est pas une question de persuasion directe. C’est une question d’accompagnement, de démonstration et d’expérience concrète » conclut-il.
Pour les TPE, l’intégration de véhicules électriques représente des bénéfices économiques notables, notamment grâce à des coûts d’entretien réduits et à une expérience de conduite plus agréable pour leurs employés (ou pour eux-mêmes).
La directive NIS 2 impose aux opérateurs de recharge de nouvelles contraintes, mais elle structure aussi le secteur et favorise la confiance des usagers. Pour les petites entreprises, c’est l’occasion de se démarquer en offrant des installations sécurisées et modernes, parfaitement conformes aux attentes de cybersécurité actuelles.

