
En fondant une solution innovante de cautionnement pour les locataires sans garant (dont les entreprises), Thomas Reynaud, co-fondateur de Garantme, a su transformer les tensions du marché locatif en une opportunité entrepreneuriale majeure…
Dans le cadre du Mois de la Transmission-Reprise d’entreprise, initiative nationale du réseau des Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI), la sensibilisation des dirigeants d’entreprise et repreneurs potentiels sera au centre des débats. Thomas Reynaud, co-fondateur de Garantme, partage son expérience et ses conseils pour les entrepreneurs.
La naissance de Garantme : une réponse aux tensions du marché locatif
En 2007, Thomas Reynaud et Émile Karam, alors étudiants en dernière année d’entrepreneuriat à HEC, décident de fonder Garantme. « À l’époque, intégrer le secteur de l’immobilier locatif avait du sens, car c’était un secteur en proie à de nombreuses frustrations ».
Leur mission : combler l’écart entre les besoins des locataires sans garant et les réticences des propriétaires à louer sans assurance solide. Inspirés par la situation d’Émile, dont les parents, résidant au Liban, ne pouvaient offrir une garantie fiable aux yeux des propriétaires, ils réalisent alors l’opportunité de créer un produit de cautionnement.
Les débuts de Garantme se concentrent alors sur une recherche approfondie auprès des acteurs de l’immobilier – agences, propriétaires, locataires – pour mieux comprendre leurs interactions et l’écosystème.
Après plusieurs mois de préparation, l’équipe conçoit une offre en collaboration avec un assureur, devenant ainsi non seulement distributeurs, mais aussi gestionnaires de produits de cautionnement. « Nous avons rapidement constaté que notre offre répondait à une demande massive. Dès la première année, nous avions fait nos premières ventes et avons pu garantir environ 1.000 locataires ».
Associer ambition et vision commune
Pour Thomas Reynaud, l’un des piliers du succès entrepreneurial réside dans la qualité de l’association. « Travailler avec un associé exige de s’assurer que vous partagez une vision commune. Les cinq dernières années ont été ponctuées de crises – sanitaires, économiques, voire structurelles dans l’immobilier – et ce n’est qu’en ayant des bases solides qu’on peut les surmonter. »
Thomas souligne également l’importance d’un modèle économique solide : « Il ne faut pas avoir peur de vendre des services de qualité avec une forte marge. Beaucoup d’entreprises pensent qu’il faut baisser les prix, alors qu’en réalité, c’est la valeur perçue qui prime pour le client. » À ses yeux, un prix élevé bien justifié consolide la crédibilité et renforce la confiance des clients.
Garantir la santé financière de l’entreprise
Une autre leçon clé, selon Thomas, réside dans la gestion de la trésorerie. « Si votre modèle ne génère pas de flux rapidement, il faut envisager une levée de fonds pour sécuriser la croissance, tout en veillant à garder la majorité des parts. ».
Reprise d’entreprise : éviter les pièges et se concentrer sur l’actif
La reprise d’entreprise représente un enjeu stratégique pour les repreneurs et Thomas recommande de se concentrer avant tout sur l’actif, à savoir le portefeuille clients, la marque et les outils opérationnels. « Il est essentiel d’éviter le passif, qui comprend souvent des dettes fournisseurs ou des contrats mal négociés, avec des coûts cachés. »
Pour les repreneurs, se libérer de ce passif permet de repartir sur des bases saines, minimisant les risques financiers imprévus.
Autre point critique : s’assurer de la pérennité de l’équipe dirigeante et des cadres de l’entreprise. « La question est double : voulez-vous que les dirigeants et cadres restent, et partagent-ils la vision que vous souhaitez pour l’entreprise ? » En s’assurant de l’adhésion des équipes en place, les repreneurs peuvent limiter les frictions et optimiser la transition.
La transmission d’entreprise : une réflexion partagée avec les équipes
Quand viendra le moment de la transmission, Thomas a une approche tournée vers le bien-être des salariés. « Le cadre de travail et les conditions de transition doivent convenir aux équipes en place. Si le contexte ne leur plaît pas, il y a un risque de départs massifs, ce qui compromettrait la continuité de l’entreprise. »
L’objectif de Thomas reste de transformer le secteur du logement locatif, en réduisant les tensions et en facilitant l’accès des locataires à un garant. « Nous voulons changer la manière dont les propriétaires sélectionnent les locataires, notamment grâce à des outils d’évaluation et à des produits d’assurance adaptés » précise-t-il.
Savoir quand transmettre : rester aligné sur ses aspirations
Pour Thomas, un entrepreneur doit savoir écouter son instinct. « Mon conseil est simple : tant que vous trouvez du plaisir dans ce que vous faites, gardez votre entreprise. Mais si ce plaisir disparaît, cela se traduira rapidement dans les chiffres. C’est alors qu’il faut envisager la vente, avant que la perte de motivation impacte les comptes ».

