Plus d’un salarié sur six en France travaille à temps partiel, selon une analyse réalisée par la Dares et publiée en décembre 2024. L’étude, qui s’appuie sur les données de l’enquête Emploi de l’Insee, offre un regard détaillé sur les modalités d’organisation du temps de travail des salariés à temps partiel et les motifs qui les conduisent à opter pour ce type d’emploi.
En 2023, 17,4 % des salariés occupent un emploi à temps partiel, avec une répartition inégale selon l’âge et le sexe. Les femmes représentent près de 77 % des salariés à temps partiel, une situation attribuée en partie à la ségrégation professionnelle et aux stéréotypes de genre.
Les jeunes (15-24 ans) et les seniors (55 ans et plus) sont aussi surreprésentés dans ces emplois : respectivement 26 % et 24,8 % d’entre eux travaillent à temps partiel, contre 14,4 % des salariés d’âge intermédiaire (25-54 ans).
Les motifs d’un recours au temps partiel varient selon les groupes d’âge. Chez les jeunes, l’emploi à temps partiel est souvent lié à la poursuite d’études ou d’une formation. Les seniors, quant à eux, citent plus fréquemment des raisons de santé ou le besoin de temps libre. Entre 25 et 54 ans, les femmes mettent souvent en avant des obligations familiales, tandis que les hommes indiquent plus souvent qu’ils n’ont pas trouvé d’emploi à temps plein.
Des modalités de travail diversifiées
L’organisation hebdomadaire du temps de travail des salariés à temps partiel se divise en quatre grandes catégories :
- Temps partiel « court » : moins de 24 heures hebdomadaires sur moins de cinq jours. Cette modalité concerne 31,2 % des salariés à temps partiel. Elle est fréquente chez les jeunes et les seniors, et souvent associée à des contrats à durée déterminée ou de l’intérim.
- Temps partiel « concentré » : 24 heures ou plus hebdomadaires sur moins de cinq jours. Représentant 26,1 % des salariés à temps partiel, ce mode d’organisation prédomine chez les femmes ayant des enfants et dans les professions intermédiaires.
- Temps partiel « long » : 24 heures ou plus hebdomadaires étalées sur au moins cinq jours. Il concerne 27,3 % des salariés à temps partiel, notamment les employés et les personnes d’âge intermédiaire.
- Temps partiel « fragmenté » : moins de 24 heures sur cinq jours ou plus. Ce mode, adopté par 15,4 % des salariés à temps partiel, se rencontre davantage chez les ouvriers et les seniors, souvent dans des situations de sous-emploi.
Près de 57 % des salariés à temps partiel travaillent sur moins de cinq jours par semaine, une répartition qui varie selon les raisons évoquées pour ce choix d’emploi.
Par exemple, les salariés à temps partiel pour raisons familiales favorisent les emplois concentrés sur quatre jours, tandis que ceux cumulant plusieurs activités professionnelles optent souvent pour des emplois « fragmentés ».
Des différences sectorielles marquées
Les secteurs d’activité influencent fortement l’organisation du temps partiel :
Dans l’industrie, deux tiers des salariés à temps partiel travaillent au moins 24 heures par semaine, souvent sur des emplois « concentrés ».
En revanche, les temps partiels « courts » prédominent dans l’agriculture, le commerce, l’hébergement-restauration et les « autres activités de services ».
Dans le secteur tertiaire, où le temps partiel est le plus répandu, les salariés à temps partiel sont souvent en situation de sous-emploi : 25,1 % y travaillent moins de 24 heures faute d’avoir trouvé un emploi à temps plein, contre 12,9 % dans l’industrie.
De manière générale, les secteurs avec une forte proportion d’emplois à temps partiel « court » ou « fragmenté » enregistrent également des taux élevés de sous-emploi.
Impact sur les conditions de travail
Les horaires des salariés à temps partiel varient souvent selon leur situation. Ceux travaillant à temps partiel pour suivre des études ou exercer une autre activité professionnelle ont des plannings plus fluctuants, avec une stabilité hebdomadaire inférieure à la moyenne des salariés à temps partiel.
En revanche, les personnes à temps partiel pour des raisons familiales ou de santé privilégient des horaires plus fixes pour mieux concilier vie personnelle et professionnelle.

