Dans un rapport publié jeudi 12 décembre, la Cour des Comptes propose de prolonger d’un mois la durée du congé maternité et d’augmenter l’indemnisation du congé parental. Ces mesures visent à « réduire la demande d’accueil » des enfants de moins de trois ans, dans un contexte de pénurie croissante de solutions de garde.
Selon les projections présentées, près de 50 % des assistants maternels partiront à la retraite d’ici à 2030, aggravant une situation déjà tendue où une famille sur cinq peine à trouver une solution de garde. En réponse, le rapport met en avant des mesures destinées à alléger cette pression sur les structures d’accueil.
Un congé parental plus court, mais mieux rémunéré
Il pourrait permettre de diminuer les besoins de « 70 000 places d’accueil », pour un coût net estimé à 360 millions d’euros par an. De son côté, un mois supplémentaire pour le congé maternité libérerait environ 35.000 places, au prix de 350 millions d’euros annuels.
Actuellement, le congé parental est plafonné à 449 euros mensuels, une somme souvent jugée insuffisante par les familles, tandis que le congé maternité, limité à 16 semaines pour les deux premiers enfants, reste en deçà de la moyenne des pays de l’OCDE, comme le souligne l’institution.
Selon le rapport, le renforcement de la garde parentale pourrait partiellement compenser la baisse du nombre d’assistants maternels et des professionnels de crèche diplômés. La promesse de créer 200.000 places supplémentaires d’ici 2030, faite par l’ex-Première ministre Élisabeth Borne, apparaît compromise par cette pénurie et le « départ massif à la retraite » attendu dans les prochaines années.
De plus, la garde parentale présente un avantage économique : elle s’avère moins coûteuse pour les finances publiques que l’accueil en crèches, le mode de garde le plus onéreux. La Cour des comptes estime que l’investissement nécessaire pour créer les 200.000 nouvelles places atteindrait 3 milliards d’euros, tout en pointant une « maîtrise insuffisante » des dépenses publiques dans ce domaine.
Face à la baisse d’utilisation du congé parental, le gouvernement réfléchit depuis fin 2023 à une réforme susceptible de répondre aux enjeux d’attractivité et de soutenabilité de ce dispositif.

