Le secteur du bâtiment traverse une crise sans précédent qui pourrait s’aggraver en 2025. À l’origine de cette situation : l’abandon du projet de loi de finances 2025 et l’absence de mesures concrètes pour soutenir le logement neuf. La Fédération Française du Bâtiment (FFB) alerte sur les conséquences sociales et économiques de cette inertie, avec une prédiction alarmante : la perte de 100.000 emplois « si rien ne change rapidement ».
Logement neuf : un effondrement historique
Après une chute vertigineuse en 2024 avec seulement 250.000 mises en chantier – un niveau inédit depuis 1953 – les prévisions pour 2025 ne sont guère plus encourageantes. Selon la FFB, le nombre de logements neufs mis en chantier pourrait encore diminuer pour atteindre environ 240.000 unités.
Ce recul menace tous les segments : logements individuels et collectifs, locatifs ou en accession, dans les zones métropolitaines comme dans les territoires ruraux.
La situation est tout aussi préoccupante dans le secteur non résidentiel. Après un creux historique en 2024, avec 20,1 millions de m² commencés, les prévisions pour 2025 indiquent une nouvelle baisse à 19 millions de m². Cette crise, exacerbée par l’incertitude politique et économique, freine les investisseurs et plonge les collectivités locales dans l’attentisme.
Vers une déstabilisation de l’emploi
L’impact sur l’emploi constitue une des conséquences les plus graves de cette crise. Alors que 30.000 postes ont été supprimés en 2024, la FFB anticipe une hécatombe sociale pour 2025 :
100.000 emplois pourraient disparaître. Cette prévision reflète un décalage croissant entre une activité en berne et une masse salariale trop importante, risquant de fragiliser encore davantage les entreprises.
Malgré ces perspectives sombres, le secteur de l’entretien et de l’amélioration des bâtiments offre un maigre espoir, avec une croissance modeste prévue à 0,9 % en 2025. Cependant, ce chiffre reste conditionné au maintien des dispositifs d’aide tels que MaPrimeRénov’, « dont le budget doit impérativement être préservé ».
Des solutions pour éviter le pire
Pour prévenir cet effondrement, la FFB appelle à l’adoption urgente d’une loi de finances 2025, incluant des mesures structurantes :
- Réouverture du Prêt à Taux Zéro (PTZ) à tous les territoires et types de logements.
- Exonération temporaire des droits de succession ou de donation jusqu’à 100 000 euros pour l’achat d’une résidence principale neuve.
- Réduction de la Réduction de Loyer de Solidarité (RLS) et maintien des aides à la rénovation énergétique du parc social.
En parallèle, la FFB insiste sur l’importance de sanctuariser le budget de MaPrimeRénov’ à hauteur de 4,2 milliards d’euros et de poursuivre la simplification administrative, notamment en matière d’urbanisme et de rénovation énergétique.
Au-delà des enjeux propres au bâtiment, l’immobilier constitue une source majeure de recettes fiscales pour l’État. Selon la FFB, soutenir le secteur permettrait de stimuler les rentrées fiscales et d’amortir les tensions budgétaires…

