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Quelles sont les entreprises qui recrutent en alternance et pourquoi ?

Une étude, Formation employeur (EFE-a) 2021, menée par le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq), la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) et France Compétences, publiée en décembre 2025, a permis de caractériser le profil des entreprises recrutant des alternants, les raisons de ces recrutements, et l’évolution de ce recours au fil du temps.

L’alternance, qui combine formation théorique et expérience pratique en entreprise, a connu un recours significatif en 2021. Selon l’enquête, près de 290.200 entreprises du secteur privé, soit 17 % des employeurs, ont recruté au moins un alternant. Ce chiffre traduit des disparités selon la taille, le secteur d’activité, et les motivations des entreprises.

Une corrélation forte avec la taille des entreprises

Le recours à l’alternance est directement lié à la taille de l’entreprise. Parmi les structures de 250 salariés ou plus, la quasi-totalité (92 %) a embauché au moins un alternant en 2021, avec une moyenne de 24 alternants par entreprise.

À l’opposé, seules 13 % des entreprises de moins de 10 salariés ont recruté des alternants, avec une moyenne de 1,5 contrat par structure. Bien que leur taux de recours soit inférieur, les petites entreprises représentent 62 % des employeurs d’alternants, reflétant leur poids prépondérant dans le tissu économique français.

Des secteurs inégalement engagés

Les entreprises des secteurs de l’industrie (31 %), de l’information et de la communication (29 %), ainsi que du commerce et de la réparation (22 %) enregistrent les taux de recours à l’alternance les plus élevés. Ces secteurs concentrent à eux seuls 40 % des contrats d’alternance.

En revanche, les activités financières et assurantielles (9 %), le transport et l’entreposage (9 %), ainsi que les services administratifs et de soutien (10 %) affichent des taux modestes, malgré une concentration importante de contrats dans ces derniers.

Les motivations des employeurs

Pour 61 % des entreprises recrutant des alternants, la perspective de pouvoir embaucher un candidat formé à l’issue de son contrat constitue la principale motivation. Cette raison est particulièrement prégnante dans les grandes entreprises, où 77 % des employeurs partagent cet objectif.

Une autre motivation fréquemment citée (31 %) est la possibilité de bénéficier du travail de l’alternant pendant sa formation. Dans certains cas, les contrats d’alternance servent aussi à répondre à des obligations réglementaires, notamment pour atteindre le quota de 5 % d’alternants dans les grandes entreprises, une condition pour éviter une contribution supplémentaire à l’apprentissage.

Des évolutions du parcours alternance stimulantes

La progression du recours à l’alternance entre 2018 et 2021 s’explique en partie par la mise en place de nouvelles aides financières et l’élargissement des formations à de nouveaux métiers.

Près de 41 % des entreprises ayant augmenté leur recrutement citent ces aides comme un facteur déterminant. D’autres évolutions, telles que l’ouverture de l’apprentissage aux 26-29 ans ou l’installation de centres de formation de proximité, ont également facilité cette tendance.

Les freins à l’embauche d’alternants

Malgré ces incitations, 79 % des entreprises n’ont pas recruté d’alternants en 2021, principalement par absence de volonté. Parmi les freins cités, l’absence ou l’insuffisance de tâches à proposer revient fréquemment, surtout dans les petites structures où les salariés sont plus polyvalents.

La situation économique, invoquée par 30 % des entreprises, a également joué un rôle, notamment dans les secteurs touchés par la crise sanitaire, comme les services administratifs et la construction. Enfin, le coût du dispositif ne représente un frein que pour 5 % des employeurs grâce aux aides existantes.

Un dispositif en évolution

L’enquête révèle une meilleure connaissance des différences entre contrats d’apprentissage et de professionnalisation, à mesure que la taille de l’entreprise augmente. Les employeurs favorisent largement l’apprentissage (77 %) par rapport au contrat de professionnalisation (13 %). Ce choix dépend souvent des exigences de la formation, des préférences des candidats ou des raisons financières.

Les relations avec les centres de formation varient également selon la taille des structures. Si les grandes entreprises échangent fréquemment avec ces centres pour suivre la progression des alternants, seules 50 % des petites entreprises déclarent des contacts réguliers. Ces interactions portent sur la préparation des arrivées et la gestion des difficultés rencontrées après l’embauche.

Un avenir incertain pour l’alternance

L’alternance continue de représenter une opportunité pour les entreprises et les jeunes. Les dispositifs de soutien et les réformes récentes semblent porter leurs fruits, malgré des freins persistants. Les données de 2021 mettent en évidence la nécessité de poursuivre les efforts pour promouvoir ce mode de formation, notamment auprès des petites entreprises et dans les secteurs encore sous-représentés.

Reste maintenant à savoir comment l’ajustement des aides à l’embauche (une baisse pas encore confirmée, passant de 6.000 euros annuels à 4.500) de ces candidats impactera le monde du travail et la perception des entreprises sur ce levier….

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