Face aux bouleversements du monde du travail, le Baromètre de l’Expérience Collaborateur (BaromEx) 2024 s’impose comme un outil incontournable pour comprendre et agir sur les défis RH contemporains. Conçu à partir des réponses de 1.207 salariés en France, il offre une analyse pointue des déterminants de l’engagement.
Le contexte actuel est marqué par des crises répétées et l’essor de l’intelligence artificielle, mais c’est le capital humain qui demeure au centre de la transformation des entreprises. L’édition 2024 du BaromEx va au-delà d’un constat : elle apporte des pistes concrètes pour améliorer la fidélité et la satisfaction des talents.
Un engagement à nuancer selon les secteurs
Le baromètre révèle un niveau global d’engagement encourageant, avec 84 % des salariés se déclarant impliqués dans leur travail. Néanmoins, cette moyenne cache des disparités sectorielles : les secteurs des transports et du luxe enregistrent des scores supérieurs à 8 sur 10, alors que l’hébergement et la restauration stagnent à 7,2.
Côté motivation, le tableau est plus contrasté :
Seuls 37 % des salariés disent être heureux de se rendre au travail chaque matin, une baisse de 2,1 points par rapport à 2023.
Cette dégradation se fait particulièrement sentir chez les employés et ouvriers, qui affichent un score moyen de 5,8.
La fidélité constitue un autre enjeu majeur :
Si 40 % des salariés n’envisagent pas de quitter leur entreprise, 23 % sont prêts à le faire dans les douze prochains mois, dont 5 % immédiatement.
Les jeunes actifs (18-24 ans) se montrent les plus volatils, avec une intention de départ moyenne de 5,5 sur 10.
Les leviers de la rétention et de la satisfaction
Pour inverser ces tendances, le BaromEx identifie des axes prioritaires. Parmi les atouts, l’autonomie et le sentiment d’utilité dans le travail se détachent, avec des scores respectifs de 7,9 et 7,7. Ces éléments sont élevés à des niveaux quasi universels dans des secteurs comme l’énergie ou l’environnement.
Cependant, plusieurs points de progrès appellent une attention particulière. La reconnaissance, par exemple, reste une source de frustration : seuls 50 % des salariés estiment être valorisés à leur juste valeur. De même, l’organisation des entretiens annuels (5,8/10) et la rémunération globale (5,7/10) figurent parmi les freins identifiés.
Des disparités selon les populations
Les différentes catégories socio-professionnelles révèlent des attentes variées. Les cadres, mieux lotis en termes de satisfaction globale, se heurtent à un niveau de stress élevé (5,4/10). En revanche, les professions intermédiaires et les employés-ouvriers sont davantage pénalisés par des relations managériales parfois défaillantes.
La taille des entreprises joue également un rôle significatif. Si les grandes structures (à partir de 5.000 collaborateurs) obtiennent des scores honorables sur l’engagement, elles accusent un retard en termes de reconnaissance et de conditions de travail.
Les PME (<500 salariés) se distinguent par une meilleure ambiance et une plus grande proximité managériale.
Quels sont les axes d’amélioration ?
Les données du baromètre suggèrent que l’effort doit porter sur trois axes clés :
- Renforcer le sentiment d’utilité et l’autonomie : Les collaborateurs qui perçoivent clairement l’impact de leur travail sur la stratégie de l’entreprise se disent plus motivés et fidèles. Des actions ciblées, comme la clarification des rôles et la mise en place de rituels collaboratifs, sont recommandées.
- Valoriser la reconnaissance et les rémunérations : Les entreprises doivent établir des systèmes transparents et équitables, tout en communiquant mieux sur les avantages sociaux et les opportunités d’évolution interne.
- Réduire le stress et améliorer les conditions de travail : Cela passe par une gestion adaptée des ressources, l’implication des managers dans une dynamique de coaching, et des actions préventives pour la santé mentale.
L’importance des KPI dans une démarche proactive
Le BaromEx propose un suivi via quatre indicateurs clés : l’engagement, la motivation, la fidélité et la recommandation. Ces KPIs, mesurés régulièrement, permettent d’identifier précocement les zones de fragilité et de réorienter les stratégies RH.
Cet outil, associé à des plans d’action adaptés, offre aux entreprises les moyens de transformer l’expérience collaborateur en un levier de compétitivité et d’innovation. Avec des managers équipés pour comprendre les besoins de leurs équipes et une écoute active des collaborateurs, les organisations peuvent non seulement retenir leurs talents, mais aussi les engager dans une dynamique durable…

