En 2025, le gouvernement français a désigné la santé mentale comme Grande Cause Nationale, soulignant la gravité de ce sujet pour la société et, par extension, pour le monde du travail. Dans ce contexte, de nombreuses entreprises adoptent des mesures pour améliorer le bien-être mental de leurs équipes. Parmi elles, ZestMeUp, une plateforme dédiée à l’engagement et au bien-être en entreprise, s’attache à fournir des outils adaptés aux besoins spécifiques. Nous avons rencontré son directeur général, David Guillocheau.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation internationale du travail (OIT), la dépression et l’anxiété représentent des enjeux majeurs pour les entreprises. En 2022, 12 milliards de journées de travail ont été perdues à cause de troubles psychiques, ce qui a coûté près de 1000 milliards de dollars à l’économie mondiale. Ce constat souligne l’importance pour les entreprises de renforcer la prévention des risques psychosociaux (RPS), faisant de la santé mentale au travail un objectif stratégique, nécessitant une approche globale et durable.
Les obstacles culturels et organisationnels dans la prise en charge de la santé mentale
ZestMeUp collabore chaque année avec plus de 300 entreprises et constate plusieurs freins à la mise en place de politiques efficaces de santé mentale au travail. De cette approche empirique et immersive, ressortent des constats édifiants, mais peu surprenants : « En premier lieu, la persistance de tabous autour des troubles psychiques reste un obstacle significatif. Dans certains environnements de travail, la crainte de stigmatisation empêche les salariés de parler librement de leurs difficultés ».
D’autre part, de nombreux défis organisationnels entravent la transformation managériale nécessaire pour aborder ces enjeux de manière durable. La santé mentale impose des ajustements dans les pratiques managériales et RH, par exemple par des rituels réguliers pour suivre le bien-être des équipes.
Cependant, l’absence d’outils et de formations pour repérer les signes précoces de détresse chez les collaborateurs constitue une autre barrière, une carence à laquelle ZestMeUp entend bien répondre par son expertise.
Les risques psychosociaux : des facteurs multiples en entreprise
Les risques psychosociaux, tels que la surcharge de travail, les délais contraignants et le manque de clarté dans la répartition des rôles, augmentent le stress au travail et impactent le moral des équipes. « Un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle difficile à maintenir, associé à l’insécurité d’emploi et au harcèlement potentiel, peut aggraver ces risques. De plus, l’isolement induit par certaines pratiques de télétravail et la difficulté à établir des frontières claires entre le travail et la vie personnelle renforcent ces pressions, surtout dans les environnements hybrides », précise David Guillocheau.
Des outils pour évaluer et soutenir le bien-être des équipes
Face à ces défis, ZestMeUp a conçu des outils pour aider les entreprises à prendre des mesures concrètes et prévenir la détérioration de la santé mentale de leurs collaborateurs. La plateforme propose des sondages réguliers pour suivre le climat de confiance et évaluer le moral des équipes. Un tableau de bord, basé sur les retours des employés, permet de mesurer les niveaux d’engagement et de bien-être de manière récurrente.
« L’intelligence artificielle est également mise à contribution pour analyser les retours d’expérience et détecter des signaux d’alerte, en identifiant des mots ou expressions pouvant indiquer une situation de stress ou d’insatisfaction croissante. Ces indicateurs permettent aux entreprises de suivre de près l’évolution de la santé mentale de leurs équipes et d’adapter leurs actions en fonction des besoins ».
Former les managers pour favoriser un climat de sécurité psychologique
L’accompagnement des managers représente un levier important dans la promotion de la santé mentale au travail. « Former les managers à détecter les signes faibles de mal-être et à instaurer un climat de sécurité psychologique est un des piliers de la prévention des risques psychosociaux. Ils sont encouragés à adopter une approche de feedback continu et à organiser des échanges réguliers avec leurs équipes ».
Des ressources spécifiques, telles que des webinaires et des études sur les facteurs de bien-être, sont également mises à disposition. Ces outils permettent de comprendre et de faire comprendre les enjeux liés à la santé mentale, de réduire l’impact des pratiques de surcharge de travail et de clarifier les objectifs pour réduire le stress des équipes.
Mesurer l’impact dans les entreprises
Évaluer l’efficacité des initiatives en faveur du bien-être mental reste une question centrale pour les entreprises. La plateforme ZestMeUp propose divers indicateurs pour mesurer l’évolution de la satisfaction et de la confiance des équipes, parmi lesquels le taux d’engagement, le Net Promoter Score des employés (eNPS), ou encore le suivi des commentaires indiquant des risques.
Ces données, corrélées aux actions entreprises, permettent aux entreprises de suivre l’impact des efforts déployés en matière de bien-être et de santé mentale.
Enfin, « le calcul de l’impact financier des initiatives bien-être reste aussi une priorité », indique David Guillocheau. La plateforme prévoit la mise en place d’une « calculatrice ROI », qui aidera les entreprises à estimer les retombées concrètes des actions de bien-être sur le taux de turnover et sur l’absentéisme, deux indicateurs majeurs de la performance RH.
Et pour les petites structures ?
Bien que les grandes entreprises aient des ressources pour aborder les enjeux de santé mentale, les petites structures peuvent aussi mettre en place des initiatives simples et efficaces, même si elles n’ont pas les mêmes moyens humains et financiers. Former les cadres aux pratiques de détection des signaux faibles, instaurer des échanges réguliers pour surveiller le bien-être des équipes et encourager un feedback constructif sont autant de leviers qui favorisent la santé mentale.
« De plus, clarifier les rôles et les objectifs de chacun, mesurer l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle et encourager des actions concrètes pour améliorer cet équilibre sont des pratiques essentielles. Il est recommandé de désigner, lorsque cela est possible, des personnes de confiance qui peuvent agir comme relais en matière de bien-être ».

