Selon une étude de la Dares publiée ce mois de janvier 2025, le contrat de professionnalisation a connu une légère baisse des entrées en 2023, atteignant 115.400 nouveaux contrats, soit une diminution de 3 % par rapport à 2022. À la fin de l’année, le nombre total de contrats en cours était de 91 000, en baisse de 7 %. Cette tendance s’explique notamment par la réduction continue de la durée des contrats, avec une augmentation des contrats de moins de neuf mois (+2 % en un an).
Le contrat de professionnalisation, instauré en 2004, est un dispositif d’alternance visant à favoriser l’insertion ou la réinsertion professionnelle. Il combine enseignement théorique en organisme de formation et pratique en entreprise, permettant d’acquérir une qualification reconnue (diplôme, titre professionnel ou CQP). Accessible aux jeunes de 16 à 25 ans pour compléter leur formation, il s’adresse aussi aux demandeurs d’emploi de 26 ans ou plus, ainsi qu’aux bénéficiaires de minima sociaux ou de contrats aidés.
Les jeunes adultes en désaffection face au dispositif
La diminution des entrées concerne principalement les jeunes de moins de 30 ans, avec une chute notable de 6 % en 2023. Les moins de 26 ans et les 26-29 ans continuent de représenter une part majoritaire des bénéficiaires, mais leur implication diminue face à des alternatives telles que l’apprentissage, soutenu par le plan « 1 jeune 1 solution ».
Entre 2019 et 2023, les entrées des jeunes en contrat de professionnalisation ont ainsi reculé de 61 %, tandis que celles en apprentissage augmentaient de 129 %.
Une progression notable chez les seniors
À l’opposé, les bénéficiaires de 45 ans ou plus enregistrent une hausse de 6 % en 2023, poursuivant la tendance amorcée en 2021 (+27 % cette année-là). Cette tranche d’âge représente désormais 11 % des nouveaux contrats, signe d’une diversification progressive des publics visés.
L’âge moyen des bénéficiaires, qui atteint 30 ans en 2023, reflète également cette évolution.
Une attractivité variable selon les secteurs et les entreprises
En 2023, 46 % des contrats ont été signés au sein de grandes entreprises (250 salariés ou plus), confirmant leur prépondérance. Ce poids a augmenté de 17 points depuis 2018, au détriment des très petites entreprises (moins de 10 salariés), dont la part a chuté de 16 points sur la même période.
Par ailleurs, le secteur tertiaire reste dominant, représentant 81 % des nouveaux contrats, devant l’industrie (13 %), la construction (5 %) et l’agriculture (1 %).
Des parcours de plus en plus diversifiés
Les personnes en recherche d’emploi avant leur embauche constituent désormais plus de la moitié des entrants (54 %), en progression de 1 %. Cette catégorie se distingue par un niveau de formation plus faible que les autres publics, 23 % n’ayant aucun diplôme ou seulement le brevet des collèges.
À l’inverse, les entrées des jeunes sortant d’études continuent de diminuer (-22 %), ne représentant plus que 13 % des nouveaux contrats.
Vers des certifications moins formelles
Si 51 % des bénéficiaires ont préparé un diplôme ou un titre professionnel inscrit au RNCP en 2023, cette proportion est en recul (-6 %). En revanche, les qualifications reconnues par des conventions collectives ou des certificats de qualification professionnelle (CQP) ont progressé (+6 % et +1 %, respectivement).
Les contrats expérimentaux, orientés sur l’acquisition de compétences sans certification, subissent une chute importante (-12 %), probablement due à une incertitude autour de leur prolongation.

