Une nouvelle étude intitulée « Great Insights 2025 », réalisée par l’institut Toluna pour le compte de Great Place to Work, dresse un panorama des enjeux contemporains du monde professionnel. Menée en décembre 2024 sur un échantillon représentatif de 4.000 actifs français, cette enquête explore les perceptions des salariés en matière de santé mentale, de technologies, d’équilibre entre vie personnelle et professionnelle, ainsi que les transformations organisationnelles attendues.
Une santé mentale sous pression
Un des enseignements les plus marquants de cette enquête est le faible soutien ressenti par les salariés concernant leur santé mentale. Seul un tiers des actifs interrogés considère que leur entreprise met en place des actions de prévention. Si 50 % des salariés pensent que leur travail contribue positivement à leur bien-être mental, ce pourcentage chute à 38 % pour les seniors.
Par contraste, 60 % des 25-34 ans estiment bénéficier d’une dynamique positive pour leur santé mentale au travail.
Les différences de perception selon le genre sont également frappantes. Les femmes apparaissent plus vulnérables : un quart d’entre elles considèrent leur activité professionnelle comme nocive pour leur santé mentale, soit six points de plus que les hommes.
En outre, 65 % des salariées voient leur travail comme une source de stress, contre 58 % des hommes, et 60 % d’entre elles expriment une crainte persistante d’être licenciées.
Disparités générationnelles et salariales persistantes
Les inégalités en matière de reconnaissance professionnelle et salariale restent prégnantes. Moins de la moitié des salariés interrogés (42 %) jugent leur rémunération juste. Cette proportion tombe à 38 % chez les femmes. Concernant l’équité salariale, 63 % des salariées estiment leur rémunération équitable, soit 12 points de moins que leurs homologues masculins.
Les seniors, quant à eux, se sentent souvent marginalisés : seulement 55 % pensent que leur âge est traité équitablement par leur entreprise, et moins d’un sur deux (43 %) se déclare satisfait de l’accompagnement managérial reçu.
Le chiffre est encore plus bas pour les entretiens individuels permettant de favoriser la progression professionnelle : seuls 25 % des salariés de plus de 55 ans en ont bénéficié en 2024.
Technologie et intelligence artificielle : une adoption encore timide
L’avènement de l’intelligence artificielle (IA) est perçu comme une opportunité majeure pour les entreprises, mais reste encore un défi pour de nombreux salariés. Près de la moitié des interrogés (43 %) anticipent un rôle central de l’IA dans leurs futures missions, notamment pour améliorer la gestion des services d’information (42 %) et accroître la productivité (41 %) en allégeant les tâches répétitives.
Cependant, seul un salarié sur cinq se sent actuellement à l’aise avec l’usage de ces technologies. Cette proportion grimpe à 29 % chez les moins de 35 ans, tandis que les directions se montrent globalement plus confiantes, avec un taux de 42 %.
Réconcilier collectif et individualité : vers la semaine de quatre jours
Face à l’évolution des aspirations professionnelles, la semaine de quatre jours s’impose comme une solution largement plébiscitée : 73 % des salariés souhaitent en bénéficier. Cette demande traduit une volonté croissante de rééquilibrer vie personnelle et vie professionnelle.
L’autonomie dans les tâches (46 %), l’équilibre entre sphères privée et professionnelle (34 %) ainsi que la convivialité (33 %) figurent parmi les priorités exprimées.
Le télétravail continue de diviser les actifs : 53 % regrettent une limitation de son usage, tandis que 47 % approuvent le retour partiel au bureau. Néanmoins, une avancée notable est à signaler : 57 % des salariés affirment aujourd’hui pouvoir travailler à distance lorsque nécessaire, soit une augmentation de 13 points par rapport à 2024.
Les RH et partenaires sociaux : des figures de confiance contestées
Malgré leur rôle structurant, les ressources humaines peinent à s’imposer comme acteurs de confiance : seuls 20 % des salariés leur accordent ce statut. Les partenaires sociaux se retrouvent encore plus en retrait, avec seulement 12 % des actifs les désignant comme références fiables.
En revanche, les managers de proximité apparaissent comme les interlocuteurs privilégiés, plébiscités par une majorité de salariés. Cette tendance souligne l’importance de relations humaines directes et de soutien local dans les transformations organisationnelles en cours.

