Le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) est un dispositif mis en place pour accompagner les salariés licenciés économiquement dans leur transition vers un nouvel emploi. Depuis sa création, il a connu diverses fluctuations, influencées par les variations économiques et les politiques publiques. Un récent rapport de l’Unédic, daté de février 2025, fait le point sur l’évolution de ce dispositif, en mettant en lumière les tendances actuelles et les défis à venir. Le point.
Une remontée des adhésions et des bénéficiaires
Après une période de baisse tendancielle amorcée en 2013, le nombre d’entrées et de bénéficiaires en CSP a recommencé à augmenter depuis 2023. Cette hausse est directement liée à la dégradation de la conjoncture économique, qui a conduit à une augmentation des licenciements économiques.
→ À la fin du troisième trimestre 2024, environ 71.000 personnes étaient indemnisées dans le cadre du CSP, soit une augmentation de 12.000 allocataires sur un an.
→ Quant au nombre d’adhésions au CSP au troisième trimestre 2024, il s’élève à 21.000, un chiffre légèrement inférieur au trimestre précédent, mais qui reste tout de même élevé.
→ Parallèlement, les inscriptions à France Travail pour motif de licenciement économique suivent une trajectoire similaire, avec près de 30.000 inscriptions.
Un contexte économique difficile
La dégradation de la conjoncture économique se manifeste également par une hausse des défaillances d’entreprises. Avec une augmentation de 20 % sur un an, le niveau des défaillances est particulièrement élevé.
Au troisième trimestre 2024, 13.500 défaillances ont été comptabilisées, menaçant plus de 50.000 emplois. Les secteurs les plus touchés incluent les PME de plus de 50 salariés et le secteur médico-social, avec des hausses respectives de 47 % et 31 %.
L’accès à l’emploi et à la formation
L’accès à l’emploi en cours de CSP, bien que stable, n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire. Avant 2019, environ un bénéficiaire sur trois travaillait en cours de CSP, contre près de 3 sur 10 parmi les entrants au deuxième trimestre 2023.
Cette stabilité s’accompagne d’un recours accru à la formation, influencé par le Plan d’investissement dans les compétences (PIC) et la crise économique. Entre 30 % et 38 % des adhérents au CSP bénéficient d’une formation, contre 9 % à 14 % pour l’ensemble des allocataires à l’Assurance chômage.
La prime de reclassement en baisse
Elle est versée aux bénéficiaires du CSP lors de la reprise d’un emploi durable, a vu son taux de recours diminuer. Depuis le pic observé en 2022, ce taux a baissé de plus de 3 points pour atteindre 32 % au quatrième trimestre 2023. Cette baisse s’explique par les difficultés économiques actuelles, qui rendent la reprise d’un emploi stable plus difficile.
Un dispositif globalement équilibré
Malgré les fluctuations économiques, le dispositif CSP reste globalement équilibré d’un point de vue financier. Les dépenses et recettes spécifiques au CSP sont comparables à ce qui aurait été versé en l’absence du dispositif.
Depuis 2023, avec la dégradation de la conjoncture économique, les montants alloués au CSP augmentent à nouveau. L’Unédic finance désormais seule l’indemnisation et l’accompagnement en CSP, l’État ne contribuant plus spécifiquement au dispositif depuis 2019.
Des indicateurs en évolution
Le taux de persistance sur les listes de France Travail, qui mesure la part de bénéficiaires du CSP toujours inscrits 6, 12 ou 24 mois après leur inscription, a diminué régulièrement depuis 2015. Cependant, cet indicateur semble peu réactif à la conjoncture actuelle, comparé à d’autres indicateurs comme le nombre d’adhésions ou le taux de recours à la prime de reclassement.

