Dans un contexte économique tendu, le Contrat de sécurisation professionnelle (CSP) connaît une nette progression en 2024. Ce dispositif, destiné aux salariés licenciés pour motif économique dans les entreprises de moins de 1.000 salariés ou en liquidation judiciaire, a vu ses indicateurs évoluer sensiblement au cours de l’année écoulée.
- Une dynamique portée par la multiplication des licenciements économiques
- Une progression continue du nombre de bénéficiaires indemnisés
- Un accès à l’emploi et à la formation qui reste stable mais contrasté
Selon les Indicateurs de suivi du Contrat de sécurisation professionnelle publiés par l’Unédic en juin 2025, plus de 91.000 personnes ont adhéré au CSP en 2024, soit une augmentation de 14 % par rapport à 2023.
Cette poussée s’explique par la hausse des défaillances d’entreprises, elles-mêmes dopées par un ralentissement économique généralisé. Le quatrième trimestre 2024 a été particulièrement chargé : 24.750 nouveaux adhérents au CSP ont été recensés, dans un climat marqué par 18.700 défaillances d’entreprises et plus de 67 000 emplois menacés (source : Cabinet Altares).
Les PME et ETI de plus de 50 salariés, notamment dans l’industrie, le commerce de gros, le transport ou encore l’immobilier et le secteur social, sont les plus touchées.
Une hausse continue des bénéficiaires indemnisés
Selon les chiffres de l’Unédic, cette explosion des adhésions se traduit mécaniquement par une augmentation du nombre de bénéficiaires indemnisés. Fin 2024, plus de 74.000 personnes étaient en cours de CSP, soit 10.000 de plus qu’un an auparavant.
En moyenne, ce sont 2 500 personnes supplémentaires par trimestre qui sont venues grossir les rangs des allocataires.
L’allongement du stock de bénéficiaires s’explique aussi par la difficulté à retrouver un emploi dans un contexte économique peu porteur.
Le CSP permet de bénéficier d’une Allocation de sécurisation professionnelle (ASP) pendant un an, parfois prolongée en cas de formation ou de situations particulières (maladie, congé maternité, etc.).
En moyenne, les bénéficiaires passent 9,5 mois dans le dispositif.
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Ce maintien peut s’expliquer par l’effort de formation et d’accompagnement, mais aussi par des reconversions ou projets de transition professionnelle qui s’inscrivent dans le temps long. L’augmentation du taux de formation joue ici un rôle structurant.
Un tiers des bénéficiaires en formation
En 2023, trois bénéficiaires du CSP sur dix ont suivi une formation. Porté par le Plan d’investissement dans les compétences (PIC), ce taux reste bien supérieur à celui observé chez l’ensemble des demandeurs d’emploi, où il varie entre 9 % et 14 %.
Si la tendance est à la stabilisation – après un pic à 38 % fin 2020 –, le recours à la formation reste un levier important d’adaptation aux mutations économiques.
En moyenne, une formation débute entre 5 et 6 mois après l’entrée dans le dispositif et dure quatre mois (source : France Travail, T3 2023).
Ces données traduisent une prise de conscience accrue de la nécessité de renforcer son employabilité pendant la période de CSP.
Une prime de reclassement moins souvent attribuée
La prime de reclassement, versée aux bénéficiaires retrouvant un emploi durable (au moins six mois) avant la fin du 10ᵉ mois de CSP, a vu son taux de recours baisser en 2023 et début 2024.
À peine un tiers des bénéficiaires en ont profité, un recul de trois points par rapport au pic observé en 2022. Ce signal témoigne des difficultés à accéder rapidement à un emploi stable, malgré les efforts d’accompagnement.
Versée en deux fois, cette prime représente pourtant un avantage financier non négligeable : la moitié des droits restants à l’ASP. Mais les conditions pour l’obtenir – à savoir un retour rapide à l’emploi – sont devenues plus difficiles à remplir dans le contexte actuel.
Un taux de persistance encore élevé
Enfin, l’un des indicateurs les plus scrutés reste le taux de persistance sur les listes de France Travail, soit la part des bénéficiaires encore inscrits 6, 12 ou 24 mois après leur entrée dans le dispositif.
Cet indicateur évolue lentement et montre une certaine inertie : 56 % des bénéficiaires du 3ᵉ trimestre 2023 étaient encore inscrits un an plus tard, contre 53 % pour la cohorte précédente. Ce maintien s’explique en partie par les possibilités de prolongation du dispositif, mais aussi par la difficulté à s’insérer durablement sur le marché du travail.
À retenir
- Le nombre d’adhésions au CSP a bondi à 91 000 en 2024, en raison d’un contexte économique difficile.
- Le stock de bénéficiaires indemnisés continue de croître, atteignant 74 000 en fin d’année.
- Près de 30 % des bénéficiaires retrouvent un emploi pendant le dispositif, un taux stable, mais inférieur aux niveaux d’avant-crise.
- Un tiers des entrants accède à une formation, contre seulement 10 % en moyenne chez les autres demandeurs d’emploi.
- La prime de reclassement n’a bénéficié qu’à 32 % des bénéficiaires en 2023, reflet d’un retour à l’emploi plus lent.

