En 2024, la France a enregistré un record de 66.422 défaillances d’entreprises, marquant une hausse de 28 % par rapport à 2019, selon le dernier rapport du groupe BPCE communiqué le 7 janvier dernier. Cette progression s’inscrit dans un contexte économique incertain, où la croissance, limitée à 1,1 %, peine à absorber les répercussions d’une décennie de crises successives.
Un ralentissement global mais des disparités sectorielles
Si les services semblent résister, les secteurs de l’industrie et de la construction accusent des baisses notables, notamment avec 17.538 défaillances recensées dans le bâtiment et l’immobilier. Les marges des entreprises, bien que globalement stables, se contractent dans des secteurs particulièrement touchés, tels que la restauration et les services aux ménages.
Dans la filière automobile, par exemple, les défaillances ont progressé de 30 % par rapport à 2019. La hausse des coûts de production (+26 % depuis 2019) combinée à la chute des immatriculations de véhicules neufs illustre les tensions persistantes.
Les PME et TPE en première ligne
Les petites structures subissent de plein fouet ces évolutions : 31 % d’augmentation des défaillances pour les TPE de 6 à 9 salariés. Cette dynamique contraste avec les microentreprises, qui présentent un rattrapage limité des défaillances évitées durant la période Covid. Toutefois, 2025 pourrait voir ces entités plus petites davantage affectées, selon les prévisions.
Les TPE-PME ont également recours à des désendettements massifs depuis 2008. Si cette stratégie limite leurs capacités d’investissement, elle pourrait exacerber les difficultés à court terme.
Impact humain et territorial
L’impact social est lui aussi préoccupant, avec 260 000 emplois menacés par les défaillances en 2024, soit 1 salarié sur 82. Les secteurs comme la construction et l’hébergement-restauration concentrent les pertes les plus importantes. Les grandes agglomérations, en particulier, semblent plus exposées que les petites communes, accentuant les disparités territoriales.
Des perspectives moroses pour 2025
L’année 2025 ne s’annonce guère plus favorable, avec une prévision de 68.000 défaillances. Les petites entreprises et sous-traitants devraient particulièrement ressentir l’effet des rattrapages. En parallèle, les aléas géopolitiques et économiques continuent de peser sur le climat des affaires, incitant les ménages et entreprises à l’attentisme.
