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Armis, spécialiste de la gestion de l’exposition cyber et de la sécurité, a dévoilé ce jeudi 10 avril de son troisième rapport annuel sur la cyberguerre, intitulé « Warfare Without Borders : AI’s Role in The New Age of Cyberwarfare » (« La guerre sans frontières : le rôle de l’IA dans la nouvelle ère de la cyberguerre »).
Ce rapport met en lumière des avertissements sérieux pour les entreprises françaises et montre que l’augmentation des tensions géopolitiques, couplée aux avancées rapides de l’intelligence artificielle (IA), inaugure une nouvelle ère de cyberguerre aux enjeux critiques.
L’étude révèle que 85 % des décideurs IT français estiment que les tensions géopolitiques mondiales intensifient les menaces de cyberguerre, le pourcentage le plus élevé parmi tous les pays étudiés. 82 % d’entre eux s’inquiètent de l’impact sur leur organisation, et 29 % ont déjà signalé un acte de cyberguerre aux autorités, indiquant une menace imminente.
L’urgence pour les organisations d’utiliser l’IA pour renforcer leurs défenses
Andy Norton, European Cyber Risk Officer chez Armis, affirme :« La France doit renforcer sa souveraineté numérique pour protéger ses infrastructures critiques. »
Il souligne l’urgence pour les organisations d’utiliser l’IA pour renforcer leurs défenses et équilibrer les règles du jeu. Une coopération entre États et entreprises, soutenue par des normes communes, une formation continue et une stratégie globale de cyber-résilience, est essentielle pour préserver la société française.
Deux tiers des décideurs IT français interrogés (67 %) sont convaincus des capacités cyber avancées des acteurs étatiques, capables de paralyser des infrastructures critiques à grande échelle.
Cependant, plus de la moitié des entreprises françaises (55 %) ne font pas confiance à leur gouvernement pour les défendre en cas de cyberguerre.
L’IA accroît ces risques, avec 73 % des sondés français considérant les attaques alimentées par l’IA comme le plus grand défi pour la sécurité de leur organisation. En réponse, 76 % investissent activement dans des outils de sécurité pour anticiper ces menaces.
Nadir Izrael, CTO et co-fondateur d’Armis, a indiqué en marge de l’étude : « L’IA permet aux acteurs étatiques de développer discrètement de nouvelles tactiques de cyberguerre à tout moment. »
Il ajoute que des menaces émergent rapidement, portées par des nations de taille modeste et des acteurs non étatiques exploitant l’IA pour rivaliser avec les grandes puissances. Face à cette diversification des acteurs, les responsables de la cybersécurité doivent réorienter leurs stratégies pour intercepter les cybermenaces avant qu’elles n’affectent leur organisation.
Parmi les autres enseignements de l’étude :
- Près de la moitié des sondés (48 %) pensent que des États-nations cibleraient leur organisation, un chiffre qui monte à 70 % pour les établissements hospitaliers.
- 59 % expriment des préoccupations croissantes concernant l’écosystème réglementaire complexe, alourdissant la charge de travail des équipes de sécurité.
- 39 % des leaders IT français interrogés ont indiqué que leurs projets de transformation numérique ont été retardés ou arrêtés en raison des risques de cyberguerre.
- La moitié des entreprises françaises (45 %) déclarent manquer de l’expertise nécessaire pour mettre en œuvre et gérer des solutions de sécurité alimentées par l’IA sans support externe.

