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Intéressement : Serge Papin veut en faire un levier immédiat de pouvoir d’achat

©Capture écran Twitter RTL France.
L’ancien patron de Système U, nommé au gouvernement début octobre, veut s’appuyer sur les dispositifs d’épargne salariale déjà bien installés dans les entreprises.

Sur RTL, le nouveau ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Serge Papin, a dévoilé ce vendredi 17 octobre une piste pour soutenir la consommation sans alourdir la dépense publique : rendre l’intéressement immédiatement disponible et non imposable.

Relancer la consommation sans creuser les comptes publics

Dans un contexte de rigueur budgétaire et de hausses d’impôts, le gouvernement cherche des marges de manœuvre pour redonner un peu d’air aux salariés. L’ancien patron de Système U, nommé au gouvernement début octobre, veut s’appuyer sur les dispositifs d’épargne salariale déjà bien installés dans les entreprises.

« J’aimerais qu’il y ait quelque chose de simple, qui permette d’avoir tout de suite et maintenant un complément et que ce soit disponible pour la consommation », a déclaré Serge Papin sur RTL.

Actuellement, les primes d’intéressement et de participation peuvent être perçues directement par les salariés ou placées sur des dispositifs d’épargne (PEE, PER collectif…). Mais dans les faits, ces primes sont souvent fléchées vers l’épargne : selon la Dares, 60 % des sommes versées en 2023 ont été investies dans un plan d’épargne d’entreprise ou un plan d’épargne retraite.

Le ministre veut inverser cette tendance. Son idée : rendre l’intéressement immédiatement utilisable, dès le budget 2026, afin que les salariés puissent en profiter sans délai et stimuler la consommation.

Vers un intéressement non imposable ?

L’autre volet de la proposition, plus ambitieux, touche à la fiscalité. « Je voudrais que l’intéressement ne soit pas imposable », a ajouté Serge Papin, tout en précisant que cette mesure nécessiterait des discussions avec Bercy. Une exonération totale d’impôt sur le revenu constituerait un avantage significatif pour les salariés, mais aussi un signal politique fort en faveur du pouvoir d’achat.

Un dispositif déjà largement diffusé

En 2023, 5,8 millions de salariés du secteur privé non agricole ont bénéficié d’une prime de participation, contre 2,9 millions en 1983. Le montant total versé atteint 11,5 milliards d’euros brut, soit environ 2.000 euros par salarié.

Si la participation est obligatoire dans les entreprises d’au moins 50 salariés, l’intéressement reste facultatif. Il repose sur la volonté des employeurs d’associer leurs équipes aux performances économiques de l’entreprise.

Un équilibre à trouver entre épargne et consommation

En rendant ces primes plus accessibles, le gouvernement espère transformer une part de l’épargne salariale en pouvoir d’achat immédiat, au moment où la consommation des ménages reste contrainte. Mais cette évolution pose aussi question : faut-il détourner ces outils de leur vocation initiale d’épargne et d’investissement à long terme ?

Serge Papin assume la volonté de réorienter ces flux vers la consommation, quitte à bousculer l’esprit originel du dispositif. Reste à savoir si Bercy, soucieux de préserver l’équilibre fiscal, acceptera de renoncer à une partie de l’imposition sur ces revenus différés.

La discussion ne fait que commencer, mais le signal est clair : le nouveau ministre veut inscrire son action dans le quotidien des salariés, en agissant sur ce qu’il appelle « le pouvoir d’achat concret ».

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