
Au-delà des mesures techniques, c’est une philosophie que défend l’U2P : celle d’une construction collective des territoires.
Pour les entreprises de proximité, l’enjeu n’est pas seulement économique : il est aussi social, environnemental et territorial. Et si les communes veulent préserver leur dynamisme, l’écoute de celles et ceux qui font vivre le quotidien est indispensable.
Alors que les élections municipales de 2026 se profilent, l’Union des entreprises de proximité (U2P) a choisi le Salon des maires (18-20 novembre) pour rappeler son rôle central dans la vie des communes. Représentant près de 3,4 millions d’entreprises – artisans, commerçants, professionnels libéraux –, l’organisation entend peser dans le débat en proposant une série de mesures concrètes, toutes recueillies dans un livre blanc.
Objectif : Renforcer la collaboration entre élus locaux et acteurs économiques de terrain, souvent perçus comme les piliers invisibles de la vitalité territoriale.
Des entreprises ancrées, un modèle social à défendre
Les entreprises de proximité ne sont pas seulement des acteurs économiques : elles incarnent un modèle de société fondé sur le lien social, l’ancrage local et le professionnalisme. Comme le souligne Michel Picon, président de l’U2P, « nous partageons avec les maires un même langage, celui de la proximité ». Une proximité qui se traduit par des chiffres : 623 milliards d’euros de chiffre d’affaires, deux tiers des entreprises françaises, et une présence dans chaque région, des Hauts-de-France à la Corse.
Pourtant, malgré leur poids, ces entreprises estiment souvent que leur voix n’est pas suffisamment entendue. Une enquête menée par Xerfi révèle que 65 % des chefs d’entreprise de proximité prévoient de voter en 2026, signe d’un électorat mobilisé et déterminé à influencer les politiques locales.
Mais le constat est aussi celui d’un dialogue à renforcer : une majorité d’entre eux jugent que leur mairie n’a pas suffisamment agi en leur faveur ces dernières années.
Fiscalité, revitalisation, emploi : des attentes précises
Les propositions de l’U2P s’articulent autour de quatre axes :
- Fiscalité,
- Activité économique,
- Emploi,
- Commande publique.
Parmi les priorités :
La réduction des dépenses locales pour alléger la pression fiscale sur les très petites entreprises (TPE) arrive en tête, citée par 39 % des chefs d’entreprise interrogés.
Suivent l’encouragement à l’implantation d’entreprises (37 %),
La revitalisation des centres-villes (19 %),
La préservation du patrimoine (18 %).
Sur le terrain, les attentes clairement exprimées selon l’U2P : une fiscalité plus lisible, des exonérations ciblées pour les locaux vacants réactivés, et une meilleure association des entreprises aux décisions municipales. « Nous demandons aux maires de nous consulter avant tout projet nous concernant », insiste Michel Picon.
Une demande qui s’appuie sur des exemples concrets, comme cette commune du Grand Est où un concours municipal offre un an de loyer à un porteur de projet, ou cette ville d’Île-de-France qui utilise son droit de préemption pour maintenir l’équilibre commercial en centre-ville.
Des solutions locales pour des enjeux concrets
Les propositions de l’U2P ne se limitent pas aux discours. Elles s’inspirent de pratiques déjà en place dans certaines communes. En Centre-Val de Loire, une intercommunalité a mutualisé plus de 40 services publics, réduisant les coûts tout en améliorant leur qualité.
Dans le Médoc, des aides à la rénovation des locaux commerciaux peuvent atteindre 10.000 euros, tandis qu’en Côte-d’Or, une municipalité a transformé des bâtiments communaux en espaces dédiés aux artisans, avec des loyers attractifs.
L’emploi et la formation ne sont pas en reste. Plusieurs territoires ont mis en place des dispositifs pour loger les apprentis ou faciliter l’accès aux métiers en tension, comme cette communauté de communes des Côtes-d’Armor qui installe des mobil-homes pour les salariés. « L’attractivité d’un territoire passe aussi par sa capacité à accueillir ceux qui y travaillent », rappelle l’U2P.
La commande publique, un outil au service des entreprises locales
Enfin, l’U2P insiste sur l’importance de la commande publique comme moyen de soutenir les entreprises de proximité. En adaptant la configuration des marchés publics – par exemple en privilégiant les marchés à bon de commande ou en limitant la sous-traitance en cascade –, les communes peuvent favoriser l’accès des TPE aux appels d’offres. Certaines métropoles affichent déjà la part de leurs marchés confiée aux PME, une pratique que l’U2P souhaite généraliser.
Un appel au dialogue et à l’action collective
Au-delà des mesures techniques, c’est une philosophie que défend l’U2P : celle d’une construction collective des territoires. « Le modèle de société que nous voulons se construit dans les communes, avec les élus et les entreprises », résume Michel Picon. Un message qui résonne particulièrement dans un contexte où les maires restent, selon les sondages, les élus les plus plébiscités par les Français.

