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Créé il y a cinq ans, le syndicat explique vouloir sensibiliser, convaincre et mobiliser aussi bien les travailleuses concernées que les décideurs publics. Le document rassemble des données qui donnent la mesure de ce que représente une journée en crèche.
Soulever, porter, se pencher, supporter un niveau sonore élevé… Le quotidien des professionnelles de la petite enfance est marqué par des gestes éprouvants mais rarement reconnus. Pour attirer l’attention sur ces difficultés, le Syndicat National des Professionnels de la Petite Enfance (SNPPE) diffuse un guide intitulé « Gestes invisibles », conçu pour révéler l’ampleur de la charge physique et mentale qui pèse sur ce secteur très féminisé.
Des charges et des postures qui s’accumulent sur toute une carrière
D’après les chiffres compilés par le SNPPE, une professionnelle manipule en moyenne 70 enfants chaque jour, ce qui équivaut à plus de 800 kg soulevés quotidiennement si l’on se base sur le poids moyen des tout-petits accueillis en structure.
Rapporté à environ 200 jours travaillés par an, cela représente plus de 160 tonnes déplacées en une seule année, et plus de 5.000 tonnes sur trente ans de carrière.
À cette masse s’ajoutent plusieurs centaines de tonnes de matériel manipulé régulièrement : poussettes, tapis, caisses de linge, jeux, etc.
Le guide insiste également sur la fréquence des postures accroupies, indispensables pour interagir avec les enfants à leur hauteur.
Le syndicat estime qu’au cours d’une carrière complète, ces gestes peuvent se compter entre 700.000 et un million.
S’ajoutent l’exposition aux microbes, aux virus et aux déchets organiques, ainsi qu’à 56.000 heures de bruit, avec des pics dépassant fréquemment les 85 décibels, un seuil considéré comme problématique par les organismes de prévention.
Maladies professionnelles : une hausse préoccupante
Ces conditions de travail laissent des traces. Les dernières statistiques de la Carsat concernant le secteur « Accueil de jeunes enfants » font état d’une augmentation de 44 % des maladies professionnelles en 2023.
Le SNPPE estime que ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la réalité, car ils concernent uniquement les structures privées, laissant de côté les crèches municipales ou associatives.
Selon les données publiées par l’Assurance Maladie, les professionnelles de la petite enfance cumulent en moyenne 66 jours d’arrêt au cours de leur vie professionnelle pour des accidents du travail et 255 jours pour des maladies reconnues comme professionnelles.
Conditions de travail, salaires et manque de personnel : une parole difficile à libérer
Le SNPPE plaide également pour une révision des taux d’encadrement, qui restent aujourd’hui fixés à un adulte pour cinq bébés et un pour huit enfants marcheurs. Un ratio qui, selon le syndicat, empêche de garantir un accueil serein et de qualité.
La parole se libère toutefois progressivement, portée par une campagne sur les réseaux sociaux organisée par l’organisation syndicale.
On y retrouve des témoignages de professionnelles évoquant des tendinites, des douleurs lombaires ou des situations de burn-out. Il y a également les carrières brutalement interrompues suite à des déclarations d’inaptitude.
Une demande adressée au gouvernement
Au début du mois de novembre, le syndicat a écrit au Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour demander que la question de la pénibilité dans la petite enfance soit intégrée aux discussions de la conférence sociale « Travail et retraite ». À ce jour, le SNPPE attend toujours une réponse.

