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À compter du 1er janvier 2026, plusieurs paramètres techniques vont modifier la structure des prix de l’énergie. Ces évolutions ne devraient toutefois pas provoquer de flambée généralisée, selon les éléments relayés par Franceinfo ce lundi 29 décembre, qui s’appuie notamment sur les analyses de la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
La présidente de la CRE, Emmanuelle Wargon, y souligne que la trajectoire attendue reste globalement stable, aussi bien pour l’électricité que pour le gaz, après les fortes tensions observées ces dernières années.
Électricité : des ajustements réglementaires sans choc massif sur les factures
Deux évolutions majeures interviennent en 2026 sur la facture d’électricité.
- D’une part, le renforcement des certificats d’économies d’énergie (CEE), un dispositif obligeant les fournisseurs à financer des actions destinées à réduire la consommation finale, comme les travaux de rénovation énergétique. Ce mécanisme, fondé sur le principe du pollueur-payeur, pèse indirectement sur les coûts du secteur.
- D’autre part, le dispositif Arenh, qui permettait jusqu’ici aux fournisseurs d’acheter une partie de l’électricité nucléaire d’EDF à un tarif fixé par l’État, arrive à son terme. Désormais, l’ensemble de l’électricité sera écoulée sur les marchés. Cette évolution a suscité des inquiétudes quant à une possible hausse des prix.
Toutefois, comme le rappelle Franceinfo en relayant les explications de la CRE, l’Arenh ne couvrait qu’une partie de la facture finale : une autre part était déjà achetée au prix du marché, parfois à des niveaux élevés.
En pratique, la disparition de ce mécanisme ne se traduit donc pas mécaniquement par une envolée des tarifs.
Dans les faits, cette relative stabilité concerne surtout les ménages bénéficiant du tarif réglementé ou d’une offre indexée sur celui-ci, soit environ trois quarts des foyers.
Pour les consommateurs ayant opté pour une offre de marché, l’évolution dépendra des conditions contractuelles propres à chaque fournisseur.
Carburants : une hausse annoncée liée aux certificats d’économies d’énergie
Le renforcement des CEE aura aussi des effets sur les prix à la pompe.
Toujours selon les informations relayées par Franceinfo, les acteurs du secteur pétrolier ont prévenu qu’une hausse de 4 à 6 centimes par litre pourrait intervenir dès le 1er janvier 2026.
Cette augmentation intervient alors que les prix des carburants affichaient récemment leur niveau le plus bas depuis plus de trois ans, dans un contexte de repli des cours du pétrole.
Elle correspond donc davantage à un réajustement lié aux obligations réglementaires qu’à une tension sur les marchés internationaux.
Gaz : une facture annuelle appelée à progresser
Concernant le gaz, les fournisseurs anticipent une augmentation moyenne d’environ 50 euros par an. Celle-ci s’explique par la répercussion de la hausse des certificats d’économies d’énergie, à laquelle s’ajoute un nouveau dispositif de soutien à la production de biogaz.
Dans le même temps, le prix repère du gaz calculé par la CRE reste stable pour le mois de janvier, les marchés de gros étant orientés à la baisse.
Franceinfo rappelle toutefois que cette stabilité théorique n’empêche pas des variations sur la facture finale.
La CRE recommande aux consommateurs de comparer régulièrement les offres disponibles. Le changement de fournisseur est gratuit pour les particuliers et peut se faire à tout moment, sans frais de résiliation.
Des évolutions encore dépendantes du budget 2026
Enfin, l’évolution des factures d’énergie en 2026 dépendra aussi des choix fiscaux et budgétaires qui seront arrêtés dans le cadre du budget de l’État.
Selon les arbitrages à venir, les taxes appliquées à l’énergie pourraient encore faire évoluer les montants payés par les ménages au fil de l’année.

