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Pour les entreprises dont les salariés effectuent des déplacements professionnels réguliers — commerciaux, techniciens, livreurs — il est indispensable d’anticiper ces risques à travers des mesures de prévention concrètes, applicables avant, pendant et après les trajets.
Ce guide s’appuie sur des recommandations officielles et des textes réglementaires pour vous aider à appliquer votre politique de sécurité routière en période de froid.
1. Préparer le véhicule : sécurité et conformité
Équipements hivernaux obligatoires et recommandés
En France, entre le 1er novembre et le 31 mars, certains véhicules doivent être équipés de pneus hiver ou disposer de dispositifs anti-dérapants (chaînes ou “chaussettes neige”) dans certaines zones montagneuses désignées par les préfets, sous peine de sanctions ou de refus de circulation sur certaines routes. Service Public
- Pneus hiver (marquage 3PMSF) : meilleure adhérence à basse température et sur surfaces glissantes;
- Chaînes ou dispositifs équivalents : obligatoires là où la signalisation l’exige.
Vérifications techniques à effectuer
Avant l’hiver ou avant un déplacement :
- Contrôler batterie, feux, essuie-glaces, freins et niveaux de liquides antigel.
- Vérifier la pression et l’état des pneus (ils perdent de la pression quand il fait froid).
2. Planifier et évaluer les déplacements
Consulter les prévisions et l’état des routes
Avant de partir, encouragez vos salariés à :
- Vérifier les prévisions météo (grand froid, neige, verglas).
- Consulter Bison Futé ou les services d’information routière pour connaître l’état des axes, notamment les grands axes souvent traités en priorité par les services d’entretien.
Réévaluer l’opportunité d’un déplacement
En cas de conditions particulièrement difficiles, la priorisation des déplacements est un levier de prévention :
- Recourir au télétravail ou aux visioconférences lorsque cela est possible.
- Repousser ou regrouper les missions non urgentes pour réduire les risques de circulation.
3. Adopter une conduite adaptée au froid
Même bien préparé, un véhicule peut mal réagir si le style de conduite n’est pas adapté.
Vitesse et distances
La distance d’arrêt augmente significativement sur sol verglacé ou enneigé. Il est recommandé de :
- Rouler lentement et en douceur, sans manoeuvres brusques.
- Augmenter la distance de sécurité, notamment derrière les engins de déneigement.
Anticipation et fluidité
- Freiner progressivement, éviter les coups de volant soudains.
- Favoriser les pistes principales ou autoroutes lorsque possible (elles sont souvent traitées plus tôt).
4. Organiser le travail, responsabilités employeur
Obligation de sécurité de l’employeur
Au sens du Code du travail, l’employeur doit garantir la sécurité et protéger la santé des salariés (art. L.4121-1). Cela inclut une évaluation des risques liés au froid et la mise en place de mesures adaptées.
Pour les missions impliquant de la conduite, cela se traduit par :
- Une formation ou sensibilisation aux risques hivernaux pour les conducteurs.
- Des consignes internes claires sur les équipements et comportements à adopter.
- L’intégration de ces risques dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP).
Kit “grand froid” professionnel
Pour les déplacements essentiels, un kit de survie dans chaque véhicule est fortement recommandé et peut sauver des vies en cas d’immobilisation prolongée :
- Triangle de signalisation, gilet réfléchissant.
- Couverture, lampe torche, nourriture et eau.
- Chargeur de téléphone et moyens de communication.
5. Savoir réagir en cas d’incident
Si malgré toutes les mesures un problème survient :
- Rester protégé dans le véhicule si l’environnement extérieur est dangereux.
- Signaler immédiatement l’incident à l’entreprise et aux secours.
- Avoir les coordonnées d’assistance routière faciles d’accès.

