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ACRE : nouvelles règles et démarches depuis le 1ᵉʳ janvier 2026

Temps de lecture estimé : 5 minutes

Icône blanche de flèches circulaires indiquant un processus de répétition ou de mise à jour.
©megainarmy / Getty Images / Illutration

Depuis janvier 2026, l’ACRE est devenu un dispositif plus ciblé, plus exigeant et moins généreux qu’auparavant. La loi de financement de la Sécurité sociale transforme profondément l’aide à la création ou à la reprise d’entreprise : l’exonération de cotisations sociales est désormais plafonnée à 25 %, l’éligibilité est resserrée sur des publics définis et la démarche auprès de l’Urssaf est obligatoire pour bénéficier de l’aide.

La réforme du dispositif ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise) est entrée en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2026, à la suite de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.

Cette évolution législative marque un tournant majeur pour l’accompagnement social des entrepreneurs en France, avec un recentrage du dispositif, des conditions d’éligibilité revues, une démarche obligatoire auprès de l’Urssaf et une réduction de l’avantage social accordé.

Un dispositif qui change de nature

Historiquement, l’ACRE offrait une exonération de cotisations sociales significative, parfois totale ou partielle selon le niveau de revenu, aux créateurs et repreneurs d’entreprise pendant la première année d’activité.

Ce mécanisme, très attendu par les nouveaux entrepreneurs, a été largement ouvert à partir de 2019 avant d’être progressivement resserré.

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, l’ACRE n’a plus vocation à être quasi automatique ou généralisée. La réforme la transforme en aide ciblée, nécessitant désormais une demande préalable auprès de l’Urssaf pour être attribuée, quel que soit le statut (indépendant, micro-entrepreneur, gérant assimilé salarié, etc.).

Sans cette démarche, l’exonération ne pourra pas être accordée.

Qui peut bénéficier de l’ACRE ?

L’un des objectifs affichés de la réforme est de concentrer l’aide sur les publics pour lesquels elle a historiquement été pensée.

Ainsi, les conditions d’éligibilité sont désormais plus strictes et similaires à celles appliquées dans d’autres régimes d’aides sociales ou au régime de la micro-entreprise.

Parmi les catégories de personnes éligibles figurent :

  • les demandeurs d’emploi (indemnisés ou non, avec conditions de durée d’inscription à France Travail) ;
  • les bénéficiaires de minima sociaux comme le RSA ou l’ASS ;
  • certains jeunes créateurs (âge encadré, avec exceptions pour handicap) ;
  • des créateurs implantés dans des zones spécifiques telles que les zones France ruralités revitalisation (ZFRR) ;
  • les conjoints collaborateurs sous conditions strictes.

En conséquence, cette réforme exclut de fait un grand nombre de créateurs indépendants qui ne rentrent pas dans ces catégories ciblées, notamment des travailleurs indépendants hors statuts sociaux prioritaires.

Une exonération plus limitée

Un autre changement majeur concerne l’ampleur de l’aide. Sous l’ancien dispositif, l’exonération pouvait être totale ou dégressive selon le niveau de revenu, notamment pour des revenus inférieurs à 75 % du PASS (plafond annuel de la Sécurité sociale).

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, l’exonération est plafonnée à 25 % des cotisations sociales dues, sauf cas particuliers à définir par décret.

Cette limitation s’applique quel que soit le niveau de revenu professionnel, et réduit significativement l’avantage financier dont pouvaient bénéficier les entrepreneurs au début de leur activité.

Concrètement, même si un créateur remplit les conditions d’éligibilité, l’aide ne pourra pas réduire ses cotisations de plus de 25 %, là où auparavant une exonération totale ou dégressive était envisageable selon les seuils de revenu.

Démarches obligatoires auprès de l’Urssaf

Un point fondamental de la réforme est que l’obtention de l’ACRE n’est plus automatique à partir de janvier 2026. Tout créateur ou repreneur souhaitant bénéficier de cette aide doit déposer une demande explicite auprès de l’Urssaf.

Cette demande doit être faite après l’immatriculation de l’activité, par exemple après l’enregistrement au guichet unique et la réception du justificatif de création d’activité.

Le dossier doit comprendre le formulaire de demande complété ainsi que les pièces justificatives spécifiques au profil du demandeur.

Pour les micro-entrepreneurs, l’Urssaf peut parfois exiger un formulaire spécifique, téléchargeable sur le portail dédié, tandis que pour d’autres régimes, le dépôt de la demande s’effectue via l’espace personnel Urssaf ou le guichet numérique.

La réponse de l’Urssaf intervient généralement dans un délai d’un mois. À défaut de réponse dans ce délai, la demande peut être considérée comme acceptée tacitement, ce qui sécurise l’entrepreneur qui a respecté les délais et complété son dossier correctement.

Conséquences pour les créateurs et repreneurs

Cette réforme impose aux porteurs de projet une analyse plus fine de leur prévisionnel et de leur plan de financement. L’ACRE, réduite à une aide partielle et ciblée, ne constitue plus un allègement automatique de charges suffisant à compenser la première année d’activité.

  • Pour certains profils, notamment ceux bénéficiant d’aides sociales ou installés en zones rurales prioritaires, l’ACRE conserve un intérêt financier, mais avec un impact budgétaire réduit par rapport au dispositif antérieur.
  • Pour d’autres, l’absence d’automaticité et le niveau de l’exonération nécessitent d’intégrer de nouvelles hypothèses de cotisations dans les simulations avant création ou reprise.

En outre, la réforme peut influencer le choix du statut juridique, la durée d’engagement dans le projet, ainsi que les stratégies de rémunération des dirigeants (selon qu’ils optent pour un statut salarié, assimilé ou indépendant), car l’impact de l’exonération sociale varie sensiblement selon le régime.

Source : Urssaf

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