
C’est une aide discrète mais largement utilisée qui disparaît avec la loi de finances pour 2026. Le texte met fin à la prime de 500 euros destinée au financement du permis de conduire des apprentis, en vigueur depuis 2019.
Chaque année, ce sont plus de 62.000 apprentis (chiffres de France Compétences) qui bénéficiaient de ce coup de pouce pour accéder à un permis souvent indispensable à l’entrée dans la vie professionnelle.
Une aide créée pour faciliter l’accès à l’emploi
Instaurée en 2019, cette aide visait à lever l’un des principaux freins à l’emploi des jeunes en alternance : la mobilité.
Le permis de conduire représente un coût élevé, souvent incompatible avec les ressources d’un apprenti, en particulier dans les territoires peu desservis par les transports collectifs.
La prime de 500 euros permettait de financer une partie significative de la formation au permis B, sans condition de ressources, dès lors que l’apprenti remplissait les critères d’éligibilité.
Pourquoi l’aide est supprimée
Pour justifier la suppression de cette prime, plusieurs arguments ont été avancés lors de l’examen du budget 2026.
- Le premier concerne une rupture d’égalité entre les jeunes. L’aide était réservée aux apprentis, excluant de fait les étudiants sous statut scolaire ou universitaire, pourtant confrontés aux mêmes difficultés financières pour financer leur permis.
- Le second argument repose sur l’existence d’autres dispositifs d’aide au financement du permis de conduire, déjà mobilisables par les jeunes. Selon le gouvernement, la prime de 500 euros ferait doublon avec ces mécanismes, ce qui justifierait sa suppression dans un contexte de maîtrise des dépenses publiques.
Quelles alternatives pour les apprentis ?
La disparition de cette aide ne signifie pas qu’il n’existe plus aucun soutien pour financer le permis de conduire.
Plusieurs solutions restent accessibles, à commencer par le dispositif bien connu du « permis à un euro par jour », qui permet de financer la formation via un prêt à taux zéro, avec des mensualités plafonnées à 30 euros.
D’autres aides peuvent également être proposées au niveau local, par les régions, les départements ou certaines collectivités, selon le lieu de résidence ou de formation du jeune.
Une liste actualisée des dispositifs existants est notamment disponible sur le site de France Travail, qui recense les principales aides mobilisables pour le financement du permis de conduire.
Un impact à anticiper pour les entreprises
Pour les entreprises qui accueillent des apprentis, la suppression de cette prime n’est pas neutre. Dans de nombreux secteurs (bâtiment, services à la personne, logistique, commerce) la mobilité conditionne directement l’accès au poste ou l’organisation du travail.
La fin de l’aide pourrait :
- retarder l’obtention du permis pour certains apprentis,
- compliquer l’accès à certaines missions ou sites,
- renforcer les attentes vis-à-vis de l’entreprise en matière d’accompagnement ou de solutions alternatives.
Certaines structures pourraient être amenées à repenser leur politique d’accueil des apprentis, notamment dans les zones rurales ou périurbaines.
Ce qu’il faut retenir
- La loi de finances pour 2026 supprime la prime de 500 € pour le permis de conduire des apprentis,
- Plus de 62 000 jeunes par an en bénéficiaient depuis 2019,
- Le gouvernement invoque une question d’égalité et l’existence d’aides alternatives,
- Les entreprises ont intérêt à anticiper les effets de cette suppression sur l’accès à l’emploi et la mobilité des apprentis.

