
Face à la flambée des prix de l’énergie dans un contexte international tendu, le gouvernement a dévoilé ce vendredi 27 mars 2026 un plan de soutien immédiat destiné aux activités les plus dépendantes des carburants. Transport routier, pêche et agriculture sont directement ciblés par ce dispositif, doté d’une enveloppe globale proche de 70 millions d’euros pour le seul mois d’avril 2026.
L’exécutif affiche une double ambition : répondre à l’urgence économique tout en préparant une sortie progressive de la dépendance aux énergies fossiles, notamment via un futur plan d’électrification des usages.
Transport routier : une aide d’urgence pour les TPE et PME
Les entreprises du transport routier les plus fragilisées bénéficieront d’un soutien exceptionnel de 50 millions d’euros.
Cette aide forfaitaire, équivalente à environ 20 centimes par litre, vise spécifiquement les TPE et PME confrontées à de fortes tensions de trésorerie.
Le dispositif concernera à la fois le transport de marchandises et de voyageurs. Un guichet dédié sera mis en place, avec des modalités précisées ultérieurement.
À plus long terme, le gouvernement confirme vouloir accélérer l’électrification des flottes professionnelles pour limiter la dépendance aux carburants importés.
Pêche : maintenir l’activité malgré un coût énergétique élevé
La filière pêche bénéficiera d’un mécanisme de remboursement du carburant, également basé sur un équivalent de 20 centimes par litre. L’enveloppe prévue s’élève à 5 millions d’euros.
L’énergie représentant jusqu’à 35 % des coûts de production dans ce secteur, cette mesure vise à permettre aux navires de continuer à sortir en mer et à préserver l’ensemble de la chaîne économique (pêcheurs, mareyeurs, etc.).
En parallèle, la France souhaite faire évoluer le cadre européen pour accompagner la modernisation et la décarbonation d’une flotte dont l’âge moyen dépasse aujourd’hui 30 ans.
Agriculture : un levier fiscal et une bataille européenne
Pour les agriculteurs, l’État supprime temporairement l’accise sur le gazole non routier (GNR) agricole. Cette mesure, estimée à 14 millions d’euros, vise à amortir la hausse brutale des coûts énergétiques.
Elle s’accompagne d’une offensive au niveau européen : la France demandera la suspension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) sur les engrais, ou à défaut une compensation financière pour éviter toute distorsion de concurrence.
Trésorerie : un arsenal complémentaire pour les entreprises
Au-delà des aides directes, le plan repose largement sur des mesures de soutien à la trésorerie :
- report des cotisations sociales et fiscales sans pénalité,
- facilitation de l’étalement des échéances,
- lancement de prêts « Boost carburants » via Bpifrance, pouvant atteindre 50.000 euros pour les TPE.
Le gouvernement mise également sur la solidarité entre acteurs économiques, en appelant à une vigilance accrue sur les délais de paiement et en mobilisant le Médiateur des entreprises pour éviter que les plus petites structures ne supportent l’essentiel du choc.
Une réponse ciblée face à une crise durable
Contrairement à la crise énergétique de 2022, marquée par des tensions d’approvisionnement, la situation actuelle est liée à la volatilité des prix mondiaux, notamment en raison de perturbations dans le Golfe et autour du détroit d’Ormuz.

