
Boulangeries, fleuristes, commerces alimentaires de proximité… À quelques jours du 1er mai 2026, de nombreux dirigeants de TPE se retrouvent face à une question simple en apparence : peuvent-ils faire travailler leurs salariés ce jour-là ? En pratique, la réponse reste incertaine. Dans une note publiée le 20 avril 2026, le cabinet Ærige Avocats alerte sur des “risques avérés pour les entreprises” et décrit un cadre encore instable.
Le principe légal reste clair : le 1er mai est chômé
Le Code du travail prévoit que le 1er mai est, par principe, un jour férié et chômé. Seuls les établissements dont l’activité ne peut être interrompue peuvent faire travailler leurs salariés ce jour-là. Cela concerne notamment certains secteurs comme les hôpitaux, les transports publics, l’hôtellerie, la sécurité ou certaines industries en continu.
Pour ces entreprises, la situation ne change pas.
En revanche, pour de nombreux commerces de proximité, la question reste plus délicate. Depuis longtemps, certains ouvrent le 1er mai en s’appuyant sur une tolérance administrative : le chef d’entreprise peut travailler, éventuellement avec des membres de sa famille, mais le recours à des salariés demeure encadré.
Boulangers et fleuristes : la polémique relancée en 2026
Le sujet n’est pas théorique. Par le passé, plusieurs boulangers ont été verbalisés pour avoir fait travailler leurs salariés le 1er mai, avec des amendes pouvant atteindre 1.500 euros par salarié selon la note du cabinet.
En avril 2026, deux sénateurs ont tenté de sécuriser la situation via une proposition de loi. Le texte a été adopté au Sénat, puis rejeté à l’Assemblée nationale.
Quelques jours plus tard, le Premier ministre a déclaré que “les boulangers et fleuristes artisanaux pourront ouvrir ce 1er mai” et qu’une instruction serait transmise aux services de l’État pour éviter les verbalisations.
Pourquoi cette annonce ne règle pas tout
Pour Ærige Avocats, une déclaration politique ne constitue pas un fondement juridique suffisant. Le cabinet rappelle notamment que l’inspection du travail dispose d’une indépendance dans ses missions de contrôle.
Autrement dit, même après cette prise de parole gouvernementale, une entreprise ne bénéficie pas automatiquement d’une garantie absolue en cas de contrôle. C’est ce point qui nourrit l’inquiétude de nombreux employeurs : la communication politique semble plus rapide que l’évolution du droit.
Ce que les TPE doivent anticiper si elles ouvrent
Pour les boulangeries et fleuristes qui choisiraient d’ouvrir avec des salariés, plusieurs sujets pratiques sont à préparer :
- le recueil clair du volontariat des salariés ;
- la traçabilité de cet accord ;
- le respect du doublement du salaire prévu pour le travail du 1er mai ;
- la capacité à répondre à un éventuel contrôle.
Pour les autres commerces, le risque est encore plus sensible : ouvrir avec des salariés sans base juridique claire peut exposer à des sanctions.
Un débat loin d’être clos pour 2027
Le cabinet estime qu’une réforme pourrait revenir en 2027, mais le calendrier politique risque de compliquer une adoption rapide. D’autres pistes existent, comme des négociations de branche, avec contreparties sociales à la clé.
Ce qu’il faut retenir pour les dirigeants
Pour les TPE, ce dossier rappelle une réalité fréquente : entre besoin économique, habitudes locales et droit du travail, la marge d’erreur peut coûter cher. Avant de faire travailler des salariés le 1er mai, mieux vaut vérifier précisément la situation de son activité, ses obligations conventionnelles et le niveau de risque réel.
Dans l’attente d’un cadre plus lisible, prudence et conseil juridique restent les meilleurs alliés des petites entreprises.
Source : Ærige Avocats, note signée Me Henri Guyot, 20 avril 2026.

