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Congés payés non pris : sont-ils vraiment perdus ?

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©weerayut-chaiwanna via canva.com

À l’approche des échéances de prise des congés (souvent fixées au 30 avril ou au 31 mai selon les entreprises)la question revient chaque année : que deviennent les jours non utilisés ? Contrairement à une idée répandue, ils ne disparaissent pas systématiquement… mais le principe reste strict.

Le principe : des congés à prendre dans une période définie

En droit du travail, les congés payés doivent être pris pendant une période de référence fixée par l’entreprise ou la convention collective. À défaut d’utilisation dans ce délai, les jours sont en principe perdus.

Ce principe découle de la finalité même des congés payés : permettre au salarié de se reposer. Ils ne sont donc pas conçus comme un “stock” mobilisable librement dans le temps.

Des exceptions existent… et elles sont encadrées

Le report avec l’accord de l’employeur

Le premier levier reste le plus simple : obtenir un accord explicite de l’employeur pour reporter ses congés.
Cet accord peut être ponctuel ou s’inscrire dans une pratique d’entreprise.

Par ailleurs, certaines conventions collectives ou accords d’entreprise prévoient des dispositifs de report plus favorables. Dans ce cas, ce sont ces règles qui s’appliquent.

Les reports automatiques dans certaines situations

Le Code du travail et la jurisprudence reconnaissent plusieurs cas où le report est de droit, notamment :

  • congé maternité ou d’adoption ;
  • arrêt maladie (avec des règles renforcées par la jurisprudence récente, notamment issue du droit européen) ;
  • impossibilité liée à une absence indépendante de la volonté du salarié.

Dans ces situations, les congés ne peuvent pas être perdus.

L’obligation de l’employeur : permettre la prise effective des congés

Un point central, souvent méconnu : c’est à l’employeur de veiller à ce que le salarié puisse effectivement prendre ses congés.

La jurisprudence est constante : si un salarié n’a pas pu poser ses congés du fait de l’employeur, il ne peut pas en être pénalisé.

Cela peut recouvrir plusieurs situations :

  • refus répétés de demandes de congés ;
  • surcharge de travail empêchant toute absence ;
  • absence d’information sur les droits ou la période de prise.

Dans ce cas, le salarié peut demander :

  • soit le report des congés ;
  • soit une indemnisation compensatrice.

La charge de la preuve est partagée : l’employeur doit démontrer qu’il a pris les mesures nécessaires pour permettre la prise des congés.

Le compte épargne-temps (CET) : une alternative sous conditions

Lorsqu’il existe dans l’entreprise, le compte épargne-temps permet de stocker certains jours de congés non pris.

Mais deux limites importantes :

  • le CET n’est pas obligatoire ;
  • seules certaines catégories de congés peuvent y être versées (souvent au-delà de la 4e semaine).

Les modalités précises dépendent de l’accord collectif qui encadre le dispositif.

Le don de jours de congés : un cadre strict

Le don de congés est autorisé, mais uniquement dans des situations définies par la loi. Il ne peut concerner que les jours excédant les quatre premières semaines de congés payés.

Les principaux cas prévus :

  • soutien à un parent d’enfant gravement malade ou décédé ;
  • aide à un proche en perte d’autonomie ;
  • engagement dans la réserve militaire opérationnelle ;
  • dispositifs liés à l’engagement associatif.

Chaque situation répond à des conditions spécifiques, fixées par le Code du travail.

Et la monétisation des congés ?

Transformer des congés non pris en rémunération reste, en principe, interdit pendant l’exécution du contrat de travail.

Des exceptions existent (notamment via le CET ou en cas de rupture du contrat), mais elles restent limitées.

Le sujet fait toutefois l’objet de débats récurrents. Une proposition de loi a d’ailleurs été déposée le 14 avril 2026 pour assouplir certaines règles, signe que la question reste ouverte.

À retenir
  • Les congés non pris sont en principe perdus à la fin de la période de prise.
  • Des exceptions existent : accord de l’employeur, dispositions conventionnelles, situations particulières (maladie, maternité…).
  • L’employeur doit permettre au salarié de prendre effectivement ses congés.
  • Des alternatives existent (CET, don de jours), mais elles restent encadrées.
  • La monétisation des congés est limitée, malgré des évolutions législatives en discussion.

En pratique, anticipez : vérifiez votre convention collective, formalisez vos demandes et conservez des traces écrites en cas de difficulté.

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