
À l’approche de la fin d’année scolaire, les demandes de stages se multiplient dans les entreprises. Collégiens en observation, étudiants en formation initiale ou en reconversion : les profils sont variés. Pour les employeurs, ces périodes constituent une opportunité de transmission et de pré-recrutement. Mais elles s’accompagnent d’un cadre juridique strict, fixé notamment par le Code de l’éducation et précisé par le Ministère du Travail.
Objectif : éviter les dérives et garantir que le stage reste bien une expérience pédagogique, et non un emploi déguisé.
Une convention de stage obligatoire
Premier principe incontournable : aucun stage ne peut être réalisé sans convention. Ce document tripartite, signé entre l’étudiant, l’établissement de formation et l’entreprise d’accueil, encadre précisément les missions confiées, la durée, les horaires et les modalités d’encadrement.
Sans cette convention, le stage est considéré comme illégal et peut être requalifié en contrat de travail.
Un stage intégré à un parcours pédagogique
Le stage doit obligatoirement s’inscrire dans un cursus de formation. Il ne peut pas être proposé à une personne en dehors de tout parcours scolaire ou universitaire.
Cela signifie concrètement qu’un stagiaire doit être suivi par un établissement, avec un référent pédagogique clairement identifié.
Un nombre de stagiaires limité
Les entreprises ne peuvent pas accueillir un nombre illimité de stagiaires. Un quota est fixé en fonction de l’effectif :
- moins de 20 salariés : 3 stagiaires maximum
- 20 salariés et plus : 15 % de l’effectif
Cette règle vise à éviter que les stagiaires ne remplacent des postes permanents.
Une durée maximale encadrée
Un même stagiaire ne peut pas rester plus de six mois dans la même entreprise, soit 924 heures de présence effective.
Cette limite s’apprécie par année d’enseignement, et non sur l’année civile.
Une gratification obligatoire à partir de deux mois
Dès lors que la durée du stage dépasse deux mois (consécutifs ou non), une gratification minimale doit être versée.
En 2026, elle s’élève à 4,50 euros par heure. Ce montant correspond au minimum légal, mais certaines conventions collectives peuvent prévoir des niveaux plus élevés.
Un délai de carence entre deux stagiaires
Lorsqu’un stage se termine, l’entreprise doit respecter un délai de carence avant d’accueillir un nouveau stagiaire sur le même poste.
Ce délai est égal au tiers de la durée du stage précédent. Par exemple, après un stage de trois mois, un délai d’un mois doit être respecté.
Interdiction de remplacer un salarié
Le recours à un stagiaire ne peut en aucun cas servir à :
- remplacer un salarié absent
- occuper un poste permanent
- faire face à un accroissement temporaire d’activité
En cas de contrôle, une telle situation peut entraîner une requalification du stage en contrat de travail, avec des conséquences financières importantes.
Une vigilance sur les conventions collectives
Si la gratification minimale est fixée par la loi, certaines branches professionnelles imposent des conditions plus favorables aux stagiaires.
Il est donc recommandé de vérifier la convention collective applicable dans votre entreprise avant de fixer les modalités d’accueil.
Accueillir un stagiaire ne s’improvise pas. Au-delà des obligations légales, il s’agit aussi d’un engagement en matière de formation et de transmission. Bien encadré, le stage peut devenir un véritable levier d’attractivité pour l’entreprise… à condition d’en respecter les règles.
Les stages en France : chiffres clés
- 3 étudiants sur 10 réalisent un stage au cours de leur formation
Source : ministère de l’Enseignement supérieur (DEPP) - 1,5 % des étudiants sont en stage rémunéré
Source : Insee - 4 étudiants sur 10 perçoivent une gratification
Source : ministère de l’Enseignement supérieur - Gratification minimale : 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, soit 4,50 € / heure en 2026
Source : Ministère du Travail - Durée maximale : 924 heures (6 mois) dans la même entreprise
Source : Code de l’éducation - Quota : 15 % de stagiaires maximum dans l’effectif (ou 3 si moins de 20 salariés)
Source : Service-public.fr

