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Même si cette revalorisation peut sembler modeste, elle illustre une dynamique de prise en compte des périodes de stage dans le socle des règles sociales.
Chaque année, les règles qui s’appliquent aux stages en entreprise évoluent, et une avancée importante est annoncée pour les étudiants et les entreprises accueillantes.
À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, la gratification minimale due aux stagiaires en France connaîtra une hausse notable, touchant autant les acteurs du monde de l’enseignement que les responsables des ressources humaines.
Depuis plusieurs années, la loi impose que les élèves ou étudiants réalisant un stage en milieu professionnel d’une durée supérieure à deux mois (consécutifs ou non) perçoivent une gratification mensuelle versée par l’entreprise ou l’organisme d’accueil.
Cette obligation s’applique sur la base d’un pourcentage du plafond horaire de la Sécurité sociale, un repère utilisé chaque année pour déterminer ce minimum légal.
Jusqu’à présent, le montant minimal de cette gratification était fixé à 4,35 € par heure de présence effective, soit 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale. La mise à jour pour 2026 précise que cette somme augmentera avec la revalorisation du plafond de la Sécurité sociale. Concrètement, le plafond horaire passera de 29 € à 30 €, ce qui portera automatiquement le minimum légal de la gratification à 4,50 € par heure.
Impacts pour les entreprises et exemple concret
Pour les entreprises, cette revalorisation implique une mise à jour des conventions de stage et des calculs de rémunération mensuelle.
Il est recommandé d’anticiper ces ajustements dans les documents contractuels, notamment si la période de stage se déroule en partie avant et en partie après l’entrée en vigueur de la nouvelle règle.
À défaut de clause explicite, il faudra appliquer la règle en vigueur à la date de réalisation des heures.
Voici les points clés à intégrer pour vos services juridiques et RH :
- À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, le montant minimal horaire de la gratification est fixé à 4,50 €, contre 4,35 € en 2025.
- Cette somme correspond à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, qui sert de base de calcul légale.
- La gratification est due dès lors que le stagiaire effectue plus de 308 heures sur une même année d’enseignement.
- Les conventions collectives peuvent prévoir des montants supérieurs à ce minimum, et ces dispositions doivent être vérifiées avant mise en application.
Pour rendre l’impact concret, prenons l’exemple d’un stage de trois mois dans une petite entreprise artisanale, avec un horaire classique de 35 heures par semaine :
- Nombre d’heures sur trois mois : 35 x 13 semaines = 455 heures
- Salaire minimal mensuel : 4,50 € x 455 ÷ 3 ≈ 682,50 € par mois
La gratification minimale des stagiaires n’est pas indexée sur le SMIC. Elle repose uniquement sur un autre indicateur légal : le plafond horaire de la Sécurité sociale. C’est ce plafond qui sert de base au calcul des 15 % constituant le minimum légal de gratification.
Dans ce type d’entreprise, cette revalorisation entraîne un ajustement budgétaire à anticiper, surtout si plusieurs stagiaires sont accueillis sur l’année. Elle peut également influencer la décision d’offrir des avantages complémentaires, comme le remboursement des frais de transport ou des tickets restaurant, pour rendre le stage plus attractif.

