
Longtemps associée à la crise sanitaire, l’activité partielle continue d’exister mais concerne désormais un nombre beaucoup plus réduit de salariés. Les derniers chiffres publiés par la Dares le 19 juin dernier montrent une nette baisse du recours au dispositif en France, même si certains secteurs restent plus exposés aux difficultés conjoncturelles.
- Au quatrième trimestre 2025, 43.000 salariés étaient placés en activité partielle en moyenne chaque mois.
- Cela représente une baisse de 41 % par rapport à la même période un an plus tôt.
- La diminution est également marquée par rapport au trimestre précédent, avec un recul de 19 %.
Un dispositif redevenu marginal
L’activité partielle, parfois appelée chômage partiel, permet à une entreprise confrontée à une baisse temporaire de son activité de réduire ou suspendre le temps de travail de ses salariés tout en leur garantissant une indemnisation.
L’objectif est d’éviter les licenciements économiques lorsque les difficultés sont jugées temporaires.
Après les niveaux records observés pendant la pandémie de Covid-19, le dispositif est progressivement revenu à un usage beaucoup plus limité.
Les données de la Dares montrent que le nombre de salariés concernés est désormais sans commune mesure avec les millions de travailleurs placés en activité partielle en 2020.
L’industrie reste le secteur le plus concerné
Malgré le recul général du dispositif, tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne. L’industrie demeure l’un des principaux utilisateurs de l’activité partielle, notamment lorsque certaines filières subissent un ralentissement de la demande ou des difficultés d’approvisionnement.
Le recours à l’activité partielle constitue souvent un indicateur avancé des tensions économiques rencontrées par certaines entreprises.
Une hausse brutale peut signaler des difficultés conjoncturelles tandis qu’une baisse traduit généralement une amélioration de l’activité économique.
Une nouvelle version de l’activité partielle pour les entreprises en difficulté
Depuis 2025, les entreprises peuvent également mobiliser un nouveau mécanisme baptisé « activité partielle de longue durée rebond » (APLD-R).
Ce dispositif vise les sociétés confrontées à une réduction durable de leur activité sans que leur pérennité soit remise en cause.
Comme son prédécesseur, il permet de diminuer temporairement le temps de travail tout en préservant les emplois. En contrepartie, l’employeur doit prendre des engagements en matière de maintien dans l’emploi et de formation des salariés.
- L’APLD-R autorise une réduction de l’horaire de travail pouvant atteindre 40 % de la durée légale.
- Les salariés perçoivent alors une indemnité correspondant à 70 % de leur rémunération brute pour les heures non travaillées.
Un outil de prévention des licenciements
Si son utilisation a fortement diminué depuis la crise sanitaire, l’activité partielle reste un levier important pour les entreprises confrontées à des difficultés passagères.
Elle permet de préserver les compétences au sein des organisations et d’éviter des suppressions de postes lorsque la baisse d’activité est jugée temporaire.
Les prochaines publications de la Dares permettront de mesurer si le ralentissement observé en 2025 se confirme en 2026 ou si certains secteurs connaissent un regain de recours au dispositif dans un contexte économique toujours marqué par de nombreuses incertitudes.
Les chiffres à retenir
- 43 000 salariés étaient en activité partielle en moyenne chaque mois au 4e trimestre 2025.
- Le nombre de bénéficiaires a reculé de 41 % sur un an.
- La baisse atteint 19 % par rapport au trimestre précédent.
- L’activité partielle de longue durée rebond (APLD-R) permet de réduire le temps de travail jusqu’à 40 % de la durée légale.
- Les salariés concernés perçoivent une indemnité correspondant à 70 % de leur rémunération brute pour les heures non travaillées.
Source : Dares, données sur l’activité partielle, quatrième trimestre 2025.

