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Le rapport sur les compétences vertes 2024 de LinkedIn publié en novembre 2024 met en lumière des tendances clés à l’intersection de l’action climatique et du marché de l’emploi, révélant des opportunités considérables… mais aussi des défis importants à surmonter.
Une demande croissante face à une offre insuffisante
Entre 2023 et 2024, la demande mondiale de talents verts a progressé de 11,6 %, soit deux fois plus vite que l’offre, qui n’a augmenté que de 5,6 %. Cette disparité souligne l’urgence de former davantage de professionnels aux compétences vertes. En France, environ 11 % des offres d’emploi demandent ces compétences, dépassant la moyenne mondiale de 7,7 %.
Cependant, les projections montrent qu’un emploi sur deux ne sera pas pourvu d’ici à 2050 si les efforts ne s’intensifient pas.
Les secteurs moteurs de la transition
Certains secteurs se démarquent par leur rôle dans le développement des compétences vertes :
- Services d’utilité publique : En France, plus de 30 % des offres d’emploi de ce secteur demandent des compétences vertes, avec une croissance marquée pour la maintenance industrielle (+99 %) et électrique (+84 %). L’essor des énergies renouvelables et le programme nucléaire français en sont les principaux moteurs.
- Construction : Ce secteur bénéficie d’investissements massifs pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. En France, 23 % des offres d’emploi dans ce domaine requièrent des compétences vertes, notamment en neutralité carbone et efficacité énergétique.
- Industrie manufacturière : Avec une part croissante des offres d’emploi liées à la durabilité, ce secteur est au cœur des efforts de décarbonation, surtout dans la chaîne d’approvisionnement.
- Technologies et médias : Entre 2023 et 2024, la demande de talents verts a bondi de 92 % en France, en raison de la transformation des infrastructures numériques et des objectifs de durabilité des entreprises.
Les compétences qui façonnent l’avenir
Certaines aptitudes connaissent une croissance rapide, notamment l’électrification, les stratégies commerciales durables et la protection de l’environnement. En France, les professionnels intègrent de plus en plus ces compétences, en lien avec des politiques climatiques comme la stratégie nationale bas carbone et des initiatives européennes telles que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.
Les populations clés : génération Z et les femmes
Pour doubler le vivier de talents verts d’ici 2050, deux groupes doivent être particulièrement ciblés :
- La génération Z : Bien que motivée par les enjeux climatiques, elle peine à s’imposer. En France, seuls 7,9 % des jeunes actifs de cette génération possèdent des compétences vertes, contre 13,9 % en moyenne pour la population générale.
- Les femmes : Il existe un écart persistant entre les hommes et les femmes dans la main-d’œuvre verte. Actuellement, 10% des femmes possèdent au moins une compétence verte, contre 17% des hommes..
Un levier pour l’avenir
Les talents verts bénéficient déjà d’un taux d’embauche supérieur de 50 % à celui des autres professionnels en France, ce qui démontre leur rôle stratégique dans la transition climatique et économique. Le rapport préconise d’ailleurs qu’ « il est impératif de multiplier les formations et de rendre ces compétences plus accessibles à tous les groupes démographiques pour accélérer cette dynamique ».

