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La souffrance au travail en hausse : une perte de sens et d’équilibre

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Ignition Program, agence de conseil RH labellisée B Corp™, a récemment publié son baromètre 2024 sur la souffrance au travail. Les résultats de cette enquête, menée auprès de 1.190 répondants sur presque un an, révèlent une augmentation de 13 % des niveaux de stress par rapport à 2023, touchant désormais plus de la moitié des salariés. Cette progression alarmante témoigne d’un problème complexe et multiforme, allant bien au-delà des seules conditions de travail...

Burnout, bore-out, blur-out : des maux du travail contemporain

La souffrance au travail ne se résume plus au stress ou à la surcharge. Elle englobe aujourd’hui des phénomènes variés, tels que le bore-out, le blur-out et le brown-out, amplifiés par des emplois perçus comme inutiles ou dénués de sens – les fameux “bullshit jobs”.

  • Le burnout, souvent décrit comme l’épuisement professionnel par excès de pression, se caractérise par une fatigue chronique, une perte d’efficacité et un désengagement émotionnel. Il touche de nombreux salariés surchargés par des attentes démesurées.
  • Le bore-out, quant à lui, désigne une souffrance liée à l’ennui professionnel. Le salarié est sous-utilisé dans ses compétences, se sent inutile et finit par perdre motivation et estime de soi.
  • Le blur-out reflète une autre réalité contemporaine : la confusion entre vie personnelle et vie professionnelle. Avec la montée du télétravail et l’omniprésence des outils numériques, les frontières se brouillent, entraînant stress, troubles du sommeil et fatigue mentale.

Des chiffres alarmants

Les résultats du baromètre témoignent d’une aggravation générale :

  • 62 % des salariés déclarent un épuisement physique (+11 points par rapport à 2023).
  • 51 % font état d’une distance émotionnelle croissante, traduisant un isolement relationnel (+11 points).
  • 47 % sont mentalement désengagés, exprimant une volonté fréquente de quitter leur poste (+9 points).
  • 45 % subissent une déficience cognitive (difficultés de concentration, troubles de la mémoire), une hausse de 7 points.

Ces symptômes affectent particulièrement les jeunes de 18 à 25 ans, marqués par une quête de sens exacerbée, et les femmes, surreprésentées dans les indicateurs de souffrance (+9 %).

“Bullshit jobs” : catalyseurs de mal-être

Popularisé par l’anthropologue David Graeber, le terme “bullshit jobs” désigne des emplois perçus comme inutiles, où les tâches effectuées manquent de sens. Selon le baromètre, ces postes pourraient concerner jusqu’à 40 % des salariés, jouant un rôle central dans la montée des phénomènes comme le bore-out et le blur-out.

Ce sentiment d’inutilité est souvent renforcé par un présentéisme stérile, où les employés se sentent contraints de “faire acte de présence” sans contribuer réellement. Le télétravail, en déplaçant ces frustrations dans la sphère privée, aggrave encore la situation.

Les profils à risque : générations, genres et secteurs

L’étude souligne des disparités notables entre catégories de salariés :

  • Jeunes et désalignement générationnel : les 18-25 ans, souvent en quête d’impact et d’authenticité, se heurtent à des emplois déconnectés de leurs aspirations.
  • Femmes et charge mentale : les femmes cumulent des responsabilités professionnelles et personnelles, amplifiant leur exposition au stress.
  • Secteurs en mutation : l’immobilier (+58 %) et les SSII (+32 %) enregistrent des hausses importantes de souffrance, tandis que les RH/recrutement (-27 %) et le conseil/audit (-13 %) apparaissent mieux préservés.

Agir pour un travail porteur de sens

Pour Ignition Program, répondre à cette crise nécessite une transformation profonde du monde du travail. Voici leurs recommandations :

  • Détection des signaux faibles : Des outils comme le “Thermomètre Burn-out” permettent de repérer précocement les risques.
  • Alignement motivationnel : Comprendre les attentes profondes des salariés pour leur offrir des projets en phase avec leurs aspirations.
  • Formation des managers : Investir dans un management bienveillant et formé à repérer et prévenir la souffrance au travail.
  • Création d’une culture de confiance : Développer des environnements favorisant la sécurité psychologique et la reconnaissance des efforts individuels.

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