Une enquête inédite révèle l’impact profond de la charge mentale sur les femmes salariées en France. Entre sphères privée et professionnelle, les données du 1er baromètre mené par News RSE pointent des inégalités persistantes et appellent à une meilleure prise en compte par les employeurs.
Pourquoi les femmes actives portent-elles une charge mentale si lourde ?
Entre satisfaction apparente et pression constante, les données issues du baromètre réalisé par News RSE, en partenariat avec l’IFOP, révèlent une réalité complexe.
Si 77 % des femmes salariées déclarent être satisfaites de leur vie professionnelle et 81 % de leur vie personnelle, 71 % admettent ressentir une charge mentale élevée, une situation qu’elles perçoivent souvent comme une fatalité.
La charge mentale, souvent qualifiée de « travail invisible », englobe l’ensemble des efforts cognitifs et émotionnels liés à la gestion des tâches professionnelles, familiales et domestiques. Cette pression, omniprésente, affecte autant la performance au travail que la santé physique et mentale des femmes concernées.
Ainsi, 53 % des participantes se disent stressées ou angoissées quotidiennement, et 41 % se sentent dépassées par les événements.
Quels sont les impacts sur la vie professionnelle et personnelle des femmes ?
Les chiffres du baromètre dressent un tableau inquiétant. Près de 73 % des répondantes signalent une détérioration de leur santé liée à cette charge, avec une augmentation notable de la fatigue chronique (38 %) et du stress (33 %).
Dans le domaine professionnel, cela se traduit par une diminution de la concentration (21 %) et une baisse de productivité (17 %).
Plus grave encore, 22 % des femmes déclarent avoir renoncé à des perspectives d’évolution par crainte d’alourdir leur quotidien déjà chargé.
Au-delà de la sphère professionnelle, les femmes restent les principales responsables de l’organisation du foyer. L’éducation des enfants, la gestion des tâches ménagères et le suivi des plannings familiaux reposent encore largement sur elles.
Cette situation résulte d’injonctions sociales profondément ancrées, obligeant nombre d’entre elles à assumer ce rôle au détriment de leur bien-être personnel.
Quel rôle pour les employeurs dans la réduction de la charge mentale ?
Face à cette problématique, 81 % des femmes interrogées estiment que les employeurs doivent prendre des mesures concrètes pour alléger leur charge mentale.
Parmi les pistes proposées figurent :
L’instauration d’une meilleure flexibilité des horaires,
La mise en place de dispositifs de soutien psychologique,
Une reconnaissance accrue des efforts fournis.
Certaines organisations ont déjà pris des initiatives pour répondre à ces attentes. C’est le cas de la mutuelle MGEN qui accompagne ses adhérentes avec des programmes dédiés aux aidants ou des parcours de santé mentale. De son côté, La Maison Bleue (crèches privées) s’engage à soutenir les femmes dans leur recherche d’un équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Ces exemples montrent qu’il est possible d’agir, mais un changement plus global reste nécessaire…
« Ce baromètre met en lumière les inégalités persistantes entre femmes et hommes dans toutes les sphères de la société française. La charge mentale élevée, liée à la gestion du collectif au travail comme au foyer, repose principalement sur les femmes. Ce fardeau invisible nuit à leur bien-être, leur autonomie et leur équilibre de vie, illustrant une injonction sociétale encore trop ancrée. », a précisé Nora Barsali, fondatrice de News RSE.

