D’après la dernière édition de l’étude « Salary Budget Planning » publiée en janvier 2025 par le groupe de conseil WTW (Willis Towers Watson), une augmentation médiane de 3,5 % des salaires serait envisagée pour l’année en cours. Cette progression, bien que légèrement inférieure à celle de 2024, illustre les efforts consentis par les entreprises pour maintenir leur attractivité.
La prévision de 3,5 % marque un recul par rapport aux 3,8 % réellement accordés l’an dernier. Selon WTW, ce ralentissement reflète un contexte économique plus contraint, où près de la moitié des entreprises déclarent ne pas pouvoir accorder des augmentations aussi significatives qu’auparavant.
En cause : des contraintes budgétaires accrues et des résultats financiers moins favorables que prévu.
Une tendance mondiale à l’ajustement
Comparée à d’autres grandes économies, la France se situe légèrement en retrait. Si le Canada (3,6 %), l’Allemagne et les États-Unis (3,7 %) affichent des prévisions similaires, la Chine (4,6 %) et le Brésil (5,9 %) se distinguent par des hausses plus élevées.
Toutefois, ces progressions plus marquées restent exceptionnelles, la tendance mondiale étant à un ralentissement des revalorisations salariales.
Un contexte marqué par des tensions sur l’emploi
Malgré ces ajustements à la baisse, les entreprises maintiennent des augmentations supérieures à l’inflation, estimée à 1 % en 2025 selon l’Insee. « Les budgets prévisionnels montrent une volonté de rester compétitifs sur un marché de l’emploi toujours sous tension », souligne Khalil Ait-Mouloud, directeur des enquêtes de rémunération chez WTW France.
Face aux défis d’attraction et de fidélisation des talents, les entreprises adaptent leurs stratégies. Près de 66 % des répondants envisagent une révision complète de leurs politiques salariales, préférant des ajustements globaux aux mesures ciblées.
Des leviers non financiers en complément
Outre les hausses de rémunération, de nombreuses entreprises misent sur l’amélioration de l’expérience salarié (cité par 80 % des répondants) et sur des initiatives en matière de diversité, équité et inclusion (73 %). Ces démarches visent à répondre à des attentes croissantes en matière de bien-être et d’engagement des collaborateurs.
Dans un environnement économique incertain, la hausse de 3,5 % prévue pour 2025 illustre un effort des entreprises pour conjuguer gestion des coûts et renforcement de leur attractivité, tout en s’adaptant à un marché du travail en constante évolution.

