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Grande consultation des entrepreneurs : le moral des chefs d’entreprise ne s’améliore pas

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En décembre 2024, la 99ème vague de la Grande Consultation des Entrepreneurs, réalisée par OpinionWay pour CCI France, La Tribune et LCI, a révélé un climat d’inquiétude palpable au sein des entreprises françaises. Menée auprès de 1.019 dirigeants d’entreprises de toutes tailles, cette étude met en lumière les conséquences économiques et stratégiques de la crise politique actuelle, ainsi que les attentes des acteurs économiques pour 2025.

Optimisme en berne et incertitudes persistantes

L’indicateur de l’optimisme, qui mesure la confiance des dirigeants dans l’économie et leur propre activité, poursuit sa baisse pour atteindre une valeur de 68 en décembre, soit une chute de 18 points depuis septembre 2024. Cette tendance reflète un pessimisme grandissant, amplifié par l’éternisation de la crise politique en France.

Seulement 59 % des dirigeants se disent confiants pour l’avenir de leur entreprise, une baisse de cinq points par rapport au mois précédent. Plus alarmant encore, seuls 11 % expriment de l’optimisme pour l’économie nationale, tandis que 20 % gardent espoir au niveau mondial.

Les conséquences directes sur les entreprises

Près de 75 % des entreprises redoutent des impacts négatifs liés à la situation politique, dont 16 % en subissent déjà. Parmi les conséquences identifiées, le développement du chiffre d’affaires (55 %) et les investissements (52 %) apparaissent comme les domaines les plus affectés. Le recrutement, bien que moins touché, reste concerné pour 34 % des entreprises interrogées.

Les petites structures (1 à 2 salariés) semblent particulièrement vulnérables face à ces perturbations, avec des difficultés accrues pour maintenir leurs activités. Cependant, les entreprises plus importantes ne sont pas épargnées : 50 % des structures de 50 salariés et plus estiment que leur capacité à innover est compromise par le contexte actuel.

Un horizon politique trouble

Face à ces défis, 43 % des dirigeants prévoient que la crise politique pourrait se prolonger sur plusieurs années, contre 31 % qui pensent qu’elle durera quelques mois. Seuls 9 % envisagent une issue rapide en quelques semaines. Cette anticipation de long terme impacte directement les stratégies des entreprises, qui doivent naviguer dans un environnement dépourvu de stabilité.

L’absence de budget voté pour 2025 est également une source d’inquiétude majeure. Près de 42 % des dirigeants craignent une hausse des impôts et des taxes, renforçant la pression fiscale qui pèse déjà lourdement sur leurs finances.

L’inflation : une préoccupation grandissante

Au-delà des turbulences politiques, l’inflation continue de dégrader le quotidien des entreprises. En décembre 2024, 86 % des dirigeants indiquent être particulièrement attentifs à leurs charges, et 52 % considèrent que l’inflation menace directement la viabilité de leur structure. Ces contraintes se traduisent par des mesures drastiques : baisser les rémunérations, demander des avances sur salaire ou encore faire face à des retards de paiement de la part des clients.

Les PME et les TPE, qui constituent le tissu économique principal en France, sont les plus touchées. Cependant, même les grandes entreprises ne sont pas à l’abri : 39 % des structures de plus de 50 salariés signalent des problèmes pour être payées à temps.

L’innovation, une priorité reléguée au second plan

Alors que l’innovation est souvent perçue comme un levier de croissance, elle perd de son importance aux yeux des dirigeants. En décembre, seuls 43 % considèrent l’innovation comme un investissement stratégique, en baisse de sept points par rapport à novembre. Cette tendance inquiète, car elle pourrait freiner la compétitivité des entreprises françaises à moyen terme.

Le secteur des services est particulièrement affecté, avec une diminution de 8 points dans la prioritisation de l’innovation. Les grandes entreprises, pourtant mieux équipées pour réaliser des investissements technologiques, affichent également une baisse significative de leur intérêt pour ce domaine.

Et la suite ?

Malgré ce climat tendu, certaines entreprises parviennent à maintenir des perspectives positives. Près de 13 % prévoient d’augmenter leurs effectifs dans les 12 prochains mois, et 79 % souhaitent les maintenir stables. Ces chiffres traduisent une certaine résilience, mais ils restent en deçà des attentes pré-covid.

En termes de stratégie, les entreprises misent sur des solutions adaptatives : diversification des activités, gestion rigoureuse des coûts et optimisation des chaînes logistiques. Néanmoins, la faiblesse des perspectives économiques globales limite les ambitions de développement international, avec seulement 6 % des entreprises prévoyant d’étendre leurs activités hors des frontières françaises.

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