Le premier trimestre de 2025 a vu une augmentation notable des défaillances d’entreprises en France, avec 17.845 procédures collectives ouvertes, marquant une hausse de 4,4 % par rapport à la même période en 2024. Ce chiffre, bien qu’élevé, montre une stabilisation par rapport aux trimestres précédents, où les augmentations étaient plus marquées.
Depuis six mois, le nombre de défaillances d’entreprises semble se stabiliser autour de 68.000 sur 12 mois glissants. Cette stabilité relative est portée par les petites structures comptant moins de trois salariés, qui représentent 72 % des défaillances. Les plus grandes entreprises, celles de plus de 100 salariés, accusent cependant une dégradation significative, avec une augmentation de 28 % des défaillances dans cette catégorie. Cette situation pèse lourdement sur l’emploi, avec 71.000 postes menacés, un niveau inédit depuis la crise financière de 2009.
Les secteurs les plus touchés incluent l’agriculture, les services informatiques et la restauration. Ces secteurs montrent des signes de fragilité, notamment en raison de la conjoncture économique et des transformations structurelles en cours. Par exemple, la restauration peine à se redresser, avec une augmentation des défaillances de 12 % en restauration à table et de 19 % en restauration rapide.
Des secteurs en souffrance et d’autres en résilience
L’agriculture, en particulier, montre des signes de tension, avec une augmentation des défaillances de 14,5 %. Les activités de cultures résistent globalement bien, mais l’élevage, particulièrement celui des vaches laitières, est sévèrement touché, avec une hausse de 53 % des défaillances. Cette situation reflète les pressions économiques et les incertitudes liées aux politiques agricoles et aux fluctuations des prix des matières premières.
En revanche, certains secteurs montrent des signes de résilience. Le commerce de détail, par exemple, affiche une amélioration sensible, avec une baisse des défaillances de 4 % dans la vente au détail et de 3 % dans le commerce interentreprises.
Le secteur de l’habillement, longtemps en souffrance, montre des signes de reprise, avec une chute de 15 % des défaillances dans les magasins de vêtements. Cette tendance positive est soutenue par une amélioration dans le commerce de gros de textile-habillement et dans la fabrication.
Une régionalisation des défaillances
La répartition géographique des défaillances montre des disparités significatives. La Corse et les Pays de la Loire sont les régions les plus touchées, avec des augmentations respectives de 22 % et 28 %. En Corse, la dégradation est particulièrement marquée en Haute-Corse, où le nombre de défaillances a augmenté de 52 %. Dans les Pays de la Loire, l’évolution est rapide, notamment en Maine-et-Loire et en Loire-Atlantique.
À l’inverse, certaines régions montrent des signes d’amélioration. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur, par exemple, enregistre une baisse de 8 % des défaillances, avec une performance particulièrement positive dans le Var. Le Centre-Val-de-Loire offre également une performance encourageante, avec une baisse de 10 % des défaillances.
Les grandes entreprises sous pression
Les grandes entreprises, celles de plus de 100 salariés, sont particulièrement affectées. Parmi les défaillances notables, on compte des entreprises comme ARC France dans la fabrication de verre creux, et Star’s Service dans les transports routiers de fret de proximité. Ces défaillances montrent que même les entreprises établies ne sont pas à l’abri des turbulences économiques.
Les secteurs de la santé et de l’action sociale sont aussi sous pression, avec une augmentation des défaillances de 11 %. Cette situation est particulièrement préoccupante, car elle touche des services essentiels à la population. Les médecins généralistes, infirmiers et ambulanciers sont parmi les plus affectés, avec des augmentations respectives de 27 %, 25 % et 110 %.
Des signes d’amélioration dans certains secteurs
Malgré un contexte globalement difficile, certains secteurs montrent des signes d’amélioration. Le commerce de détail d’habillement, par exemple, affiche une baisse de 15 % des défaillances. Cette tendance positive est soutenue par une amélioration dans le commerce de gros de textile-habillement et dans la fabrication. Le secteur de la construction montre également des signes de rebond, avec une amélioration dans la construction de maisons individuelles.
Le transport routier de marchandises est pareillement sur une trajectoire positive, avec une baisse des défaillances de 4 % tirée par le fret interurbain. Cette amélioration est cependant contrastée par une situation plus difficile dans le transport routier de voyageurs, notamment chez les taxis.
Un environnement économique en mutation
L’environnement économique actuel est marqué par une grande incertitude, influencée par des facteurs géopolitiques et économiques complexes. Les annonces du président américain, par exemple, troublent les perspectives économiques et contraignent les dirigeants à ajuster leurs prévisions de revenus, d’investissement et d’emploi. Cette situation nécessite une gestion rigoureuse des flux de trésorerie et une adaptation rapide aux changements du marché.
Les entreprises doivent également faire face à des transformations structurelles, spécifiquement dans les secteurs de la technologie et de l’information. Les services informatiques, par exemple, montrent une augmentation des défaillances de 24 %, reflétant les pressions concurrentielles et les évolutions rapides du marché.
Perspectives pour l’entrepreneuriat français
Pour les entrepreneurs français, cette période de stabilisation fragile nécessite une vigilance accrue. Les petites entreprises, qui représentent une part importante des défaillances, doivent se concentrer sur la gestion de leurs coûts et sur l’innovation pour rester compétitives. Les grandes entreprises, quant à elles, doivent renforcer leur résilience et diversifier leurs activités pour faire face aux incertitudes économiques.

