L’Ordre des experts-comptables publie ce vendredi 16 mai une nouvelle photographie de la santé économique des TPE-PME françaises pour le premier trimestre 2025. Cette analyse nationale, issue de la base de données IMAGE PME, met en lumière une baisse moyenne de 0,3 % du chiffre d’affaires (CA) par rapport à la même période en 2024. Ce recul, bien que modéré, marque le deuxième trimestre consécutif de repli pour les 560.000 entreprises de l’échantillon. Une tendance qui interpelle dans un contexte où les défaillances d’entreprises, selon le rapport Altares, poursuivent leur progression...
- Deuxième trimestre consécutif de repli pour les TPE-PME françaises
- Des contrastes marqués selon les régions et les secteurs
- Légers signes de reprise dans certaines filières, mais prudence de rigueur
Ce recul, bien que modéré, marque le deuxième trimestre consécutif de repli pour les 560 000 entreprises de l’échantillon. Une tendance qui interpelle dans un contexte où les défaillances d’entreprises, selon le rapport Altares, poursuivent leur progression.
Mais ce chiffre global masque de profondes disparités géographiques et sectorielles. Tandis que certaines régions comme les Hauts-de-France (+1 %), la Bretagne (+0,5 %) ou la Normandie (+0,4 %) enregistrent des progressions, d’autres plongent, à l’image de la Corse (-3,4 %), du Centre-Val de Loire (-1,2 %) ou de Provence-Alpes-Côte d’Azur (-1,1 %).
Tensions dans le bâtiment, alerte sur la restauration
Secteur particulièrement scruté, la construction confirme son ralentissement avec un repli de 2,6 % en valeur. La baisse est encore plus marquée pour les entreprises de maçonnerie (-3 %), touchées à la fois par une demande atone et une hausse des défaillances.
La Capeb (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment), dans sa note conjoncturelle, souligne que plus d’un artisan sur cinq évoque des besoins de financement en lien avec la baisse d’activité ou des retards de paiement.
Du côté de la restauration traditionnelle, la situation s’assombrit encore : -5,4 % de chiffre d’affaires. Une chute brutale, alimentée par la baisse de fréquentation, l’inflation et une concurrence toujours plus vive des formules rapides ou hybrides, comme les cafés-boulangeries.
À cela s’ajoute une pénurie persistante de main-d’œuvre et une inflation qui renchérit les matières premières et l’énergie.
Simplification économique : ce que la nouvelle loi change concrètement pour les entreprises
Adoptée le 15 avril 2026, la loi de simplification de la vie économique s’inscrit dans une trajectoire engagée depuis près d’une décennie. Derrière ce texte, une promesse récurrente de l’exécutif : alléger le quotidien des entreprises, fluidifier leurs relations avec l’administration et lever certains freins à l’investissement. Mais cette fois, la réforme se distingue par…
Ruptures conventionnelles : pourquoi les cadres restent les grands gagnants
En 2024, les ruptures conventionnelles ont légèrement diminué de 1 %, après deux années de hausse, mais cette tendance masque des disparités entre catégories de salariés. Les cadres continuent de partir davantage, tandis que les inégalités financières s’accentuent. Le marché du travail révèle deux vitesses, affectant principalement les profils qualifiés.
Un coup de colère peut-il coûter un emploi ? La justice tranche sans ambiguïté
Un salarié qui crie sur ses collègues et frappe violemment une porte peut-il être licencié, même sans antécédents disciplinaires ? La cour d’appel de Paris répond clairement : oui. Dans un arrêt rendu le 26 mars 2026, les juges valident un licenciement fondé sur un épisode unique, mais jugé suffisamment grave pour rompre le contrat…
Pharmacies et opticiens en légère croissance, mais attention aux effets de structure
Tous les secteurs ne sont pas dans le rouge. Les pharmacies (+3,3 %) et les opticiens (+1,5 %) poursuivent leur progression, bien qu’il faille lire ces chiffres avec prudence. Dans les officines, la hausse est en grande partie due à la vente de médicaments coûteux transférés de l’hôpital vers la ville, dont les marges restent encadrées. Les volumes, eux, stagnent, et les charges augmentent.
Les opticiens, eux, bénéficient d’une demande solide en lien avec le vieillissement de la population et les tensions sur l’accès à l’ophtalmologie dans de nombreux départements. Leur croissance reste cependant contenue, avec des hausses de prix très limitées.
Les agences immobilières flambent, mais gare au contrecoup
Avec +12,7 % de chiffre d’affaires, les agences immobilières réalisent la meilleure performance du trimestre. Une envolée qui s’explique en partie par un effet de base favorable — le marché ayant été très ralenti en début 2024 — mais aussi par la baisse des taux et l’ajustement des prix dans les grandes métropoles.
Toutefois, cette dynamique pourrait être de courte durée. Dès avril, les taux repartent légèrement à la hausse, selon meilleurtaux.com, en lien avec l’évolution des taux d’emprunt d’État. Les professionnels du secteur restent donc prudents.
Des signaux contrastés dans l’artisanat et les commerces spécialisés
Les commerces de proximité sont en peine, et cela se traduit dans les chiffres. Les boucheries (-3,4 %), les fleuristes (-1,9 %), les boulangeries (-2,4 %) ou encore les coiffeurs (-1,7 %) souffrent de la baisse du pouvoir d’achat, de la concurrence des grandes enseignes ou du e-commerce, mais aussi de charges réglementaires croissantes.
Exemple parlant : l’entrée en vigueur d’une taxe sur les emballages au 1ᵉʳ janvier 2025 pèse déjà sur les boulangeries.
En parallèle, certains segments tirent leur épingle du jeu. Les transports routiers de proximité enregistrent une hausse de 4,5 %, même si les chefs d’entreprise du secteur rapportent, paradoxalement, une baisse d’activité. L’enseignement de la conduite progresse lui aussi (+6,2 %), porté par l’essor des auto-écoles en ligne et la généralisation du permis à 17 ans.
L’informatique rebondit, mais les PME doivent rester vigilantes
Après un passage à vide fin 2024, les sociétés de conseil en systèmes et logiciels informatiques affichent un regain d’activité de 2,4 %. Pour maintenir ce cap, elles devront miser sur l’innovation, l’IA générative et la cybersécurité. Reste que les petites structures, souvent en tension de trésorerie, devront aussi trouver les moyens de financer ces transformations pour ne pas décrocher.
À retenir :
- Le chiffre d’affaires moyen des TPE-PME recule de 0,3 % au 1er trimestre 2025, selon l’Ordre des experts-comptables
- Les écarts se creusent entre secteurs en croissance (immobilier, conduite, pharmacie) et secteurs en difficulté (restauration, bâtiment, métiers de bouche)
- Les signaux de reprise restent fragiles et les TPE-PME devront composer avec un environnement encore incertain.

