
Une tendance à surveiller dans les prochaines données trimestrielles, qui pourraient révéler un rebond avec le redémarrage d’activité après l’été.
Pour les analystes du marché du travail, cette diminution pourrait être révélatrice d’une nouvelle ère : non plus centrée sur la quantité d’heures, mais sur l’efficience de l’organisation du travail.
Au 2ᵉ trimestre 2025, le nombre moyen d’heures supplémentaires par salarié à temps complet atteint 16,3 heures, en recul de 1,2 % sur un an, selon les chiffres publiés par la Dares le 6 octobre 2025. Cette baisse marque un tournant dans les pratiques de gestion du travail des entreprises, notamment dans un contexte de croissance modeste et d’efforts renouvelés pour maîtriser les coûts salariaux.
Une tendance globalement baissière toutes tailles d’entreprise confondues
Cette diminution ne concerne pas seulement les grandes entreprises. Tous les secteurs de l’entreprise montrent une tendance similaire :
- Les TPE et PME (10 à 49 salariés) restent les plus exposées, avec 22 à 26 heures supplémentaires par salarié, malgré un léger repli.
- Les entreprises intermédiaires (50 à 100 salariés) présentent une stabilité relative, tandis que les grandes structures enregistrent, elles aussi, un léger repli.
Ce recul traduit, pour nombre d’experts en ressources humaines :
Une volonté des employeurs de fiabiliser la planification du travail et d’anticiper les fluctuations de la demande.
Des progrès dans l’organisation du travail, l’aménagement des plannings et l’automatisation des processus expliquent également cette tendance.
Des secteurs toujours dépendants du surcroît d’activité
Certains secteurs conservent une forte dépendance aux heures supplémentaires, souvent liés à la saisonnalité ou à des cycles d’activité intenses. C’est notamment le cas dans :
- La construction
- Le transport et entreposage
- L’hébergement-restauration
Dans ces filières, le recours aux heures supplémentaires dépasse régulièrement les 25 heures par trimestre, signalant des besoins structurels de flexibilité.
Profils sociaux importants : genre, âge et statut professionnel
L’analyse des pratiques sur l’année précédente révèle des disparités marquées :
- Les hommes restent davantage concernés, avec environ 116 heures annuelles en moyenne, contre 79 heures pour les femmes.
- Les ouvriers constituent le groupe le plus exposé, avec près de 70 % d’entre eux ayant effectué des heures supplémentaires.
- Les cadres, bien que moins nombreux à les effectuer, réalisent en moyenne le plus grand nombre d’heures.
- La tranche d’âge 30-49 ans représente plus de la moitié des salariés concernés.
Vers une nouvelle configuration pour le temps de travail
Cette légère baisse s’inscrit dans un mouvement plus global de maîtrise du temps de travail, prolongement d’une dynamique engagée depuis plusieurs années. Pendant longtemps considérées comme un outil de flexibilité, les heures supplémentaires tendent aujourd’hui à être repensées au regard de la qualité de vie au travail, de la pression salariale et des nouvelles modalités d’organisation, telles que le télétravail et les horaires flexibles.
Pour les analystes du marché du travail, cette diminution pourrait être révélatrice d’une nouvelle ère : non plus centrée sur la quantité d’heures, mais sur l’efficience de l’organisation du travail. Une tendance à surveiller dans les prochaines données trimestrielles, qui pourraient révéler un rebond avec le redémarrage d’activité après l’été.

