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Concilier un poste à responsabilité et la vie familiale reste un défi de taille pour de nombreux cadres. Selon une étude publiée par l’Apec en septembre 2025, 37 % des cadres ayant au moins un enfant mineur déclarent rencontrer des difficultés à jongler entre vie professionnelle et vie personnelle, soit 10 points de plus que leurs collègues sans enfant ou avec des enfants majeurs.
Des concessions dans la sphère privée… et professionnelle
La recherche d’équilibre pousse les cadres parents à des arbitrages contraints. Sept mères sur dix et six pères sur dix reconnaissent renoncer régulièrement à des loisirs, à des moments pour eux-mêmes ou à leur vie sociale. Plus inquiétant : une partie d’entre eux reporte, voire annule, des rendez-vous médicaux.
Leur carrière peut également être freinée : trois cadres parents sur dix estiment manquer des opportunités professionnelles à cause de leurs responsabilités familiales, et près d’un tiers déclare avoir déjà renoncé à changer d’entreprise pour les mêmes raisons.
La souplesse plébiscitée
Face à ces tensions, la flexibilité apparaît comme la réponse la plus attendue. Près d’un cadre sur deux cite la souplesse organisationnelle (horaires aménageables, télétravail ajustable) comme première mesure à renforcer en entreprise. Dans les faits, 84 % des cadres bénéficient déjà de modalités de travail modulables, et 67 % des parents cadres recourent régulièrement au télétravail. Celui-ci est souvent utilisé de manière ciblée : déposer les enfants à l’école, gérer un imprévu de garde ou rattraper du travail en soirée.
Les relations de travail jouent aussi un rôle clé : 87 % des cadres parents soulignent la compréhension de leurs collègues, et 83 % celle de leur manager, comme des soutiens concrets dans leur quotidien.
Une flexibilité à double tranchant
Mais cette organisation adaptable n’est pas sans revers. Elle accroît la porosité entre sphères privée et professionnelle, avec pour effet une surcharge mentale. 68 % des cadres parents déclarent penser à trop de choses à la fois dans leur travail, contre 58 % des autres cadres. La proportion de ceux qui se sentent régulièrement sous pression grimpe également à 45 % (contre 36 % chez les cadres sans enfant mineur).
Des inégalités persistantes entre mères et pères
La charge n’est pas répartie équitablement. Les mères cadres restent les premières mobilisées en cas d’enfant malade (50 % contre 18 % des pères), de défaillance de mode de garde (43 % contre 21 %) ou pour les rendez-vous médicaux (55 % contre 22 %).
Cette responsabilité accrue se traduit dans les chiffres : 62 % des mères cadres disent ressentir de l’épuisement professionnel, contre 53 % des pères. Elles sont également plus nombreuses à recourir au temps partiel (14 % contre 3 %) et à renoncer à des opportunités de carrière. Les situations de monoparentalité renforcent encore cette vulnérabilité.
Une ligne de crête pour les entreprises
Pour les employeurs, ces résultats rappellent que la parentalité des cadres ne se résume pas à une question de télétravail ou d’horaires souples. Derrière la flexibilité attendue se joue un enjeu d’égalité professionnelle, de santé mentale et de fidélisation des talents. Adapter les politiques RH – droit à la déconnexion, dispositifs de garde, accompagnement spécifique au retour de congé parental – peut contribuer à réduire les inégalités et limiter la fuite de compétences.

